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À la veille de l’ouverture du Salon International de l’Agriculture, le principal syndicat agricole français a exprimé son inquiétude face aux lenteurs entourant la future loi d’urgence agricole, jugée essentielle pour répondre à une crise qui frappe le secteur depuis plusieurs années.

Lors d’une conférence de presse tenue mercredi à Paris, Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, a rappelé que le Salon « reste un lieu de convivialité et d’échanges » et que l’organisation souhaite en faire « une réussite », malgré un climat particulièrement tendu.

L’événement s’ouvre en effet dans un environnement marqué par de fortes difficultés économiques : concurrence accrue des importations à bas coûts (notamment en provenance d’Amérique du Sud et d’Europe de l’Est), baisse des prix du lait et des céréales, et premier déficit commercial agricole enregistré par la France depuis 1978.

« Le Salon n’est pas qu’un décor. La crise agricole dure depuis trois ans. L’agriculture française est en danger. Comment redresse-t-on la barre ? », a interrogé Arnaud Rousseau.

Dans cette perspective, la FNSEA prépare, pour son congrès prévu fin mars à Caen, une série de propositions destinées à nourrir le débat politique sur l’avenir du secteur. Le syndicat annonce qu’il recevra sur le Salon l’ensemble des partis politiques souhaitant échanger avec les professionnels agricoles.

Cette position d’ouverture n’est pas partagée par tous. La Coordination rurale, deuxième syndicat agricole, ainsi que la Confédération paysanne, ont pris leurs distances avec l’événement, cette dernière appelant notamment au boycott de la visite présidentielle prévue samedi.

Une loi d’urgence Agricole toujours attendue ; est au cœur  des préoccupations majeures , dont la présentation tarde à se concrétiser.
« On n’en a toujours pas la trame », s’est inquiété le président de la FNSEA, appelant les pouvoirs publics à définir une vision claire pour l’agriculture française.

Le chef de l’État, Emmanuel Macron, doit rencontrer les syndicats agricoles à l’ouverture du Salon. La FNSEA entend l’interroger sur les orientations françaises en vue des négociations, fin 2026, du futur budget pluriannuel de l’Union européenne.
Selon le syndicat, l’enveloppe agricole destinée à la France pourrait reculer de 9 à 8 milliards d’euros, soit une baisse estimée à 13 %.

Des engagements gouvernementaux jugés insuffisants

Le gouvernement assure pourtant vouloir agir rapidement. Le Premier ministre a affirmé que « pas un centime ne manquerait pour les agriculteurs français », tandis que Sébastien Lecornu s’est engagé sur l’adoption d’une loi d’urgence agricole avant l’été.

Mais pour la FNSEA, le calendrier reste trop incertain. Le texte pourrait ne pas être voté avant l’automne, une perspective jugée inacceptable par le syndicat, qui souhaite une présentation en Conseil des ministres dès mars afin d’aboutir à une adoption parlementaire avant l’été.

Une quarantaine de propositions sur la table formulée par  la FNSEA pour alimenter ce projet de loi,  parmi lesquelles la fixation d’objectifs nationaux de stockage de l’eau afin de sécuriser la production face aux aléas climatiques ;une représentation accrue des agriculteurs, jusqu’à 30 %, dans les comités de bassin ;l’assouplissement des règles liées à la prédation, avec la possibilité de prélèvements de loups au-delà de 500 spécimens  et l’application d’un principe de reconnaissance mutuelle systématique des autorisations de mise sur le marché des pesticides déjà validés dans d’autres pays européens.

Pour la FNSEA, ces mesures doivent permettre de restaurer rapidement la compétitivité des exploitations et de redonner de la visibilité à un secteur confronté à des mutations économiques, climatiques et réglementaires majeures.

Babacar Sene Journal Agropasteur

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