Le Réseau Wassa Mali a organisé, du 10 au 12 février 2026 à Ségou, la 4ᵉ édition de son Forum pratique en agroécologie paysanne dénommé CROISADE (Croisement des Initiatives et Actions de Base).
Cette rencontre vise à promouvoir et valoriser les savoirs paysans ainsi que les innovations locales comme leviers essentiels pour accélérer la transition agroécologique dans les communautés rurales, tout en favorisant les échanges pratiques, le dialogue multi-acteurs et le renforcement des capacités des acteurs de terrain.
Le lancement officiel de cette édition est intervenu le mardi 10 février 2026 à travers une conférence de presse tenue au siège du réseau à Pelengana.
Au total, plus de 260 participants venus de différentes localités du Mali et d’autres pays africains ont pris part à cette croisade paysanne.
Durant trois jours, professionnels, organisations paysannes, chercheurs, ONG et sympathisants de l’agroécologie paysanne se sont réunis pour partager leurs expériences, analyser leurs défis et rechercher des solutions concrètes face aux crises climatique, agricole et sécuritaire. A travers un cadre d’échanges que constitue le forum, pour construire des solutons concretes locales
Les travaux ont été marqués par des ateliers pratiques de fabrication de biofertilisants (liquides et solides), de biorépulsifs et d’utilisation des micro-organismes efficaces ; des échanges directs entre paysans et chercheurs, favorisant la rencontre entre science et savoirs endogènes ; un focus biodiversité, notamment sur la santé animale et l’utilisation de plantes locales dans l’alimentation du bétail et des visites de sites de production agroécologique pour mutualiser les pratiques réussies (compostage solide et liquide, biols améliorés, techniques de valorisation des déchets organiques).
Malgré les avantages reconnus des engrais organiques , coûts réduits, préservation de l’environnement et amélioration de la santé des consommateurs , leur adoption reste parfois freinée par la perception d’une efficacité plus lente comparée aux intrants chimiques.
CROISADE 2026 a ainsi misé sur la démonstration pratique et la capitalisation d’expériences réussies pour déconstruire ces idées reçues.
Une reconnaissance internationale de l’initiative pour cette quatrième édition où le Réseau Wassa Mali a été honoré par Oxfam pour son initiative CROISADE, reconnue comme un cadre participatif de recherche de solutions au service de la transformation sociale, du partage d’expériences et de la souveraineté alimentaire.
Cette distinction, saluée par les responsables du réseau, constitue une reconnaissance de l’engagement collectif des acteurs et actrices de terrain œuvrant pour une agriculture durable et autonome. Elle renforce la motivation des organisations locales et souligne l’importance de partenariats fondés sur la confiance et la valorisation mutuelle.
Des réflexions de fond sur les politiques agricoles et foncières ont soutenu les échanges également portés sur plusieurs enjeux stratégiques notamment la politique nationale semencière ; la loi foncière agricole ; la stratégie nationale d’agroécologie et les questions environnementales et de gouvernance des ressources naturelles.
Un panel de haut niveau animé par IRPAD/Afrique a abordé la question du Consentement Libre, Préalable et Éclairé (CLPE), du partage équitable des bénéfices et de la coresponsabilité entre chercheurs et communautés dans les processus de production de connaissances.
La rencontre a également été marquée par un partage d’expériences Sud-Sud, notamment avec la participation de l’APAD (Burkina Faso), autour de la fabrication des micro-organismes efficaces et d’autres solutions naturelles utilisées pour la santé et l’alimentation animale.
La clôture du forum, le 12 février 2026, a été marquée par une exposition de bio-intrants et de produits locaux, suivie de la lecture d’une déclaration finale contenant des recommandations adressées aux décideurs publics pour une meilleure intégration des savoirs paysans dans les stratégies agricoles nationales.
À travers CROISADE, le Réseau Wassa Mali réaffirme sa conviction que les solutions durables doivent partir du terrain et que la transition agroécologique repose avant tout sur les connaissances, l’engagement et l’innovation des communautés rurales.
Babacar sene Journal Agropasteur
