La sécurisation des conditions de vie des éleveurs en zones rurales et périurbaines, ainsi que la transformation du lait en produits à haute valeur ajoutée, constituent le rôle central que le lait local peut jouer dans le développement économique et social de l’Afrique de l’Ouest. C’est la conviction exprimée par Dr Bio Goura Soulé, coordinateur du Projet d’Appui à l’Offensive Lait en Afrique de l’Ouest (PAOLAO), à l’occasion de la 5e édition des Rencontres internationales « Lait, vecteur de développement », organisée au Sénégal.Le lait figure parmi les cinq filières agricoles stratégiques de la politique agricole régionale de Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), connue sous le nom d’ECOWAP.La filière laitière locale revêt une importance majeure sur les plans économique, social et culturel. Pourtant, elle continue de faire face à de nombreux défis tout au long de la chaîne de valeur, depuis la production jusqu’à la consommation.La forte croissance démographique et l’urbanisation rapide entraînent une hausse soutenue de la demande en lait et produits laitiers. Toutefois, l’offre locale demeure insuffisante et fortement marquée par la saisonnalité, ce qui favorise les importations de produits laitiers, notamment de poudre de lait réengraissée avec des matières grasses végétales. Ces produits, vendus à bas prix, constituent l’un des principaux obstacles au développement durable des chaînes de valeur du lait local en Afrique de l’Ouest.L’« Offensive Lait », reste une stratégie régionale ambitieuse adoptée par la CEDEAO pour relever ces défis, la CEDEAO pour les es chaînes de valeur du lait local, dénommée « Offensive Lait », accompagnée d’un Plan régional prioritaire d’investissement.Cette initiative vise à renforcer la mise en œuvre de la stratégie, à mobiliser davantage de financements pour la filière, à promouvoir la consommation de lait local et à accroître l’appui des partenaires techniques et financiers.La participation à la Foire aux innovations permet de partager les expériences et les modèles de développement laitier, tout en favorisant la diversité des points de vue afin de mieux répondre aux incertitudes et aux instabilités qui affectent la filière. Ces efforts sont essentiels pour prévenir l’aggravation de la malnutrition, de la faim et de la pauvreté.La CEDEAO présente ses actions concrètes au stand où Mme Nadège Traoré, responsable de l’animation, souligne avec révérence l’importance des actions entreprises.« Notre participation met en lumière la stratégie d’appui à l’Offensive Lait, qui a été opérationnalisée à travers plusieurs projets, notamment le Programme d’Appui aux Organisations Professionnelles Agropastorales Phase III (PAOPA III) et le PAOLAO. Ces initiatives, financées par Agence Française de Développement (AFD) et la Coopération suisse, interviennent sur toute la chaîne de valeur : production, transformation et commercialisation », a-t-elle expliqué.Selon Mme Traoré, la CEDEAO déploie actuellement 48 actions et 9 projets dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre, notamment au Bénin, au Burkina Faso, au Cap-Vert, en Gambie, au Ghana, en Guinée, en Guinée-Bissau, au Mali, au Niger, au Nigeria, au Tchad, au Togo et au Sénégal.Des initiatives concrètes sont menées au Sénégal où plusieurs projets sont mis en œuvre dans les domaines de la collecte, de la qualité, de la production, de la transformation, de la commercialisation et de la distribution du lait local.Mme Traoré a également salué les programmes de formation destinés aux jeunes et aux femmes, développés en collaboration avec Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).« Pendant longtemps, le secteur laitier n’a pas bénéficié de l’attention accordée à d’autres thématiques comme la transhumance ou le pastoralisme. Pourtant, il constitue un véritable moteur de développement qu’il est essentiel de mettre davantage en lumière », a-t-elle affirmé.Le PAOLAO, initiative de la CEDEAO financée par l’AFD, a pour objectif principal de doubler la production locale de lait et de réduire la dépendance de la région aux importations de poudre de lait.Le projet ambitionne de structurer des chaînes de valeur laitières plus performantes, durables et rémunératrices pour les éleveurs, tout en augmentant la part du lait local dans la consommation globale.« Le lait local représente un véritable levier de développement économique pour nos pays », a conclu Mme Nadège Traoré.Pour rappel, la politique agricole régionale de la CEDEAO vise à satisfaire durablement les besoins alimentaires des populations, à soutenir le développement économique et social, à réduire la pauvreté et à diminuer les inégalités entre les territoires et les États membres.Une politique agricole au service de la souveraineté alimentaire » Babacar sene journal Agropasteu