L’édition 2026 du Salon international de l’Agriculture, tenue à Paris, s’est déroulée sans la participation officielle du Sénégal. Une absence qui, pour de nombreux observateurs du secteur agro-sylvo-pastoral, sonne comme un véritable recul dans le positionnement international du pays.
Depuis plusieurs décennies, ce rendez-vous constituait une vitrine stratégique pour l’agriculture sénégalaise. Il permettait de valoriser les filières nationales, d’exposer le savoir-faire des producteurs, de promouvoir les produits du terroir et de nouer des partenariats techniques, commerciaux et institutionnels. La mobilisation y était souvent exemplaire, fédérant organisations de producteurs, sociétés de développement, projets, programmes publics et acteurs privés.
Une dynamique autrefois porteuse avec fa participation du Sénégal qui reposait sur une forte capacité de coordination entre les structures publiques et professionnelles. Des institutions contribuaient, aux côtés des interprofessions (riz, maïs, manioc, tomate, oignon) avec l‘accompagnement de l‘état de maniére à donner une visibilité concrète aux ambitions agricoles du pays.
Le Sénégal qui est une grande nation ne doit pas descendre a barre qu’il avait déjà placé très haute pour mieux comporter sa place dans l’aire des grandes nations
Le pavillon sénégalais occupait auparavant plus de 300 m² d’exposition, offrant un espace d’échanges économiques, de démonstration technologique et de promotion des chaînes de valeur locales est totalement réduit .
Deux années d’absence après l’alternance voire depuis le changement de régime, le Sénégal enregistre une seconde absence consécutive cette année encore . Une situation, perçue comme un refus institutionnel de s’inscrire dans cette plateforme mondiale, suscite incompréhension et inquiétude chez les professionnels .
Alors que de nombreux pays africains renforcent leur présence pour attirer investisseurs, acheteurs et partenaires techniques, le Sénégal semble adopter une posture attentiste. Résultat , une perte de visibilité internationale dans un contexte où la diplomatie agricole devient un levier majeur de compétitivité.
Faute de participation officielle, plusieurs acteurs privés ont renoncé à faire le déplacement. Moins d’acteurs, plus d’incertitudes.
La diaspora sénégalaise en France a tenté, à elle seule, de maintenir une présence symbolique, jouant un rôle de relais informel pour promouvoir certains produits nationaux.
Mais cette présence dispersée dans un mélo mélo , ne saurait remplacer une stratégie structurée. « Participer pour se cacher n’a aucun sens ; mieux vaut alors ne pas venir », confient certains professionnels, plaidant pour un modèle de participation repensé, plus cohérent et plus efficace.
Aujourdhui il urge de redéfinir la participation plutôt que de disparaître car le Salon international de l’Agriculture de Paris , demeure un outil stratégique d’influence, de veille technologique et de conquête de marchés.
Pour un pays engagé dans la souveraineté alimentaire, l’innovation agricole et la transformation locale, avec beaucoup d’ambition , s’en détourner durablement, reviendrait à se marginaliser dans les dynamiques internationales.
La crise actuelle peut toutefois devenir une opportunité , celle de repenser les objectifs, clarifier les rôles institutionnels, renforcer l’implication du secteur privé et bâtir une présence plus ciblée, axée sur l’investissement, l’innovation et l’exportation.
Un retour attendu reste l’espoir de tous . Et pour de nombreux acteurs, la place du Sénégal reste dans cette arène agricole mondiale. Non pas pour figurer, mais pour défendre ses filières, attirer des partenariats structurants et affirmer son ambition de transformation agricole. Ce qui se réussit ailleurs peut bel et bien se réussir ici.
Le défi, désormais, n’est pas seulement de revenir au Salon, mais d’y revenir avec une vision renouvelée, capable de transformer la visibilité en véritables opportunités économiques pour les producteurs et les entreprises sénégalaises.
Babacar Sene Journal Agropasteur