Alors que les gouvernements se réunissent cette semaine pour examiner les Objectifs de développement durable (ODD) 3 (santé et bien-être) et 5 (égalité des sexes) dans le cadre du Forum politique de haut niveau des Nations Unies (HLPF 2025), de nombreuses voix s’élèvent pour critiquer l’échec de la 4e Conférence des Nations Unies sur le financement du développement (FfD4), qui s’est récemment tenue à Séville, en Espagne.Selon les expert·es réuni·es lors de la conférence SHE & Rights (Santé sexuelle, équité et droits), la FfD4 n’a pas réussi à réformer le financement du développement de manière significative. L’architecture financière internationale, les politiques fiscales, l’endettement, le commerce, l’aide publique et le financement des services essentiels n’ont connu aucune avancée décisive. Un échec majeur, selon ces spécialistes, dans la lutte pour les droits des femmes, des filles et des personnes de diverses identités de genre.« La FfD4 n’a pas su restructurer l’économie mondiale au bénéfice de toutes et tous. Elle a perpétué une vision utilitariste des femmes et des filles, vues uniquement comme “potentiels économiques”, sans aborder les causes profondes des inégalités de genre », a déclaré Shobha Shukla, leader féministe et coordinatrice de SHE & Rights. Elle est également l’unique intervenante principale sur l’ODD 3 au HLPF 2025.Un financement toujours inadapté et non transformateurLa session SHE & Rights sur le thème « La FfD4 a-t-elle atteint ses objectifs d’égalité de genre ? » a précédé l’ouverture du HLPF 2025 et la 13e Conférence de la Société internationale du sida sur la science du VIH (IAS 2025). Elle a rassemblé des organisations influentes telles que l’ICFP 2025, IPPF, ARROW, WGNRR, CeHDI, FPNN, APCAT Media, et CNS. À cette occasion, la 2e édition des SHE & Rights Media Awards a été lancée pour récompenser les journalistes d’Afrique et d’Asie-Pacifique qui traitent des droits sexuels et reproductifs (bit.ly/sheandrights2025).Une déclaration politique affaiblie, des engagements manquants Le document final de la FfD4 est une version édulcorée de l’ambition portée par les précédentes conférences, notamment Addis-Abeba (FfD3, 2015), Doha (2008) et Monterrey (FfD1, 2002) », a dénoncé Sai Jyothirmai Racherla, directrice exécutive adjointe d’ARROW.« Il compromet également les engagements des grandes conférences fondatrices comme la CIPD de 1994 ou la Déclaration de Beijing de 1995 ».Mabel Bianco, médecin militante et présidente fondatrice de la FEIM, a également pointé du doigt un document de compromis qualifié de « très faible » : « Il mentionne la couverture santé universelle mais ignore totalement la santé sexuelle et reproductive, y compris le droit à l’avortement médicalisé. Or, ces droits sont essentiels pour atteindre les ODD ».Des négociations verrouillées par les pays du Nord Le document final avait déjà été finalisé deux semaines avant le début de la conférence – c’est inacceptable ! Aucun changement substantiel n’a été introduit une fois les délégations réunies à Séville », a critiqué Lidy Nacpil, coordinatrice du Mouvement populaire asiatique sur la dette et le développement (APMDD).Elle dénonce également une absence totale de transparence, des restrictions croissantes à la participation de la société civile, et une influence excessive des pays du Nord, qualifiés d’« obstacles majeurs à toute transformation structurelle ».> « Une vraie réforme de la dette, de l’aide et des politiques fiscales internationales est indispensable pour démanteler les héritages coloniaux et patriarcaux qui minent notre système financier mondial », conclut-elle. Babacar sene Journal Agropasteur
