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Entre amphithéâtres et champs, l’homme conjugue savoir académique et savoir-faire agricole. Son initiative démontre qu’avec de la vision et de la persévérance, même une filière jugée improbable peut devenir un moteur économique régional.En Casamance, Mohamed Lamine Manga, docteur en Histoire et enseignant à l’Université Assane Seck de Ziguinchor, prouve qu’un fruit tropical peut prospérer dans un pays à l’image sahélienne. Sur cinq hectares à Colomba, il cultive l’ananas Cayenne et ambitionne de faire de la région un pôle exportateur, tout en menant un combat pour la reforestation. Longtemps considérée comme inadaptée à la culture de l’ananas, la Casamance relève aujourd’hui ce défi grâce à Mohamed Lamine Manga. Docteur en Histoire moderne et contemporaine, il consacre ses après-midis à un autre terrain de recherche : son verger d’ananas, symbole de la renaissance de cette filière dans le sud du pays.Au village de Colomba, dans la commune de Niamone (département de Bignona), le décor alterne entre pistes dégradées, haies vives et champs clôturés. Sur près de cinq hectares, l’universitaire cultive la variété Cayenne, lisse et juteuse, pouvant peser jusqu’à trois kilogrammes. Une production peu courante dans la région, qu’il considère comme un pari contre les idées reçues. « Le Sénégal a longtemps été étiqueté comme un pays sahélien défavorable à l’ananas. C’est une construction coloniale. De la Casamance à la vallée du fleuve Sénégal, nous avons pourtant des sols favorables », affirme-t-il.Issu d’une famille de planteurs, Mohamed Lamine Manga s’est intéressé très tôt à cette culture. En classe de première, il plante la couronne d’un fruit acheté par son père. L’expérience réussit et marque le début d’une passion. En 2012, il aménage son premier verger, puis en acquiert un second en 2016. Pour se fournir en rejets de qualité, il se rend au Bénin en 2023 et importe une importante quantité de plants.Un rêve d’enfance devenu réalité.Aujourd’hui, il emploie sept ouvriers permanents et une vingtaine de saisonniers. Cette année, il table sur une récolte de 15 à 17 tonnes, avec un objectif de 40 à 50 tonnes lors de la saison touristique, en novembre-décembre.La demande ne manque pas dans un marché en plein essor où Femmes transformatrices, hôteliers et industriels locaux se positionnent déjà pour acheter la production, notamment pour la transformation en jus de fruits. L’universitaire ambitionne de faire de la Casamance une zone exportatrice vers le reste du Sénégal.Pour Mohamed Lamine Manga, l’agriculture ne se dissocie pas de la protection de la nature. En collaboration avec les communautés locales, il mène chaque année des opérations de reboisement. « Nous avons créé huit forêts communautaires dans le département de Bignona. C’est un atout pour l’ananas, qui a besoin d’humidité », explique-t-il.Babacar sene journal Agropasteur

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