Les semences adaptées aux réalités locales africaines, transmises de génération en génération, sont aujourd’hui de plus en plus marginalisées. Face à cette tendance, l’Alliance pour la souveraineté alimentaire en Afrique (AFSA) s’engage à renforcer la place des jeunes dans la défense des systèmes semenciers paysans et, plus largement, dans la promotion de la souveraineté alimentaire du continent.Pour l’AFSA, l’implication des jeunes est essentielle afin de transformer l’agriculture africaine et préserver les semences locales. Ces dernières, longtemps garantes de la sécurité alimentaire, voient leurs usages reculer, mettant en péril les savoirs traditionnels et la résilience des communautés rurales.« Les jeunes doivent comprendre l’importance biologique, culturelle et écologique des semences, mais aussi acquérir des compétences en plaidoyer pour influencer les politiques agricoles », explique Ndèye Awa Guèye, membre du groupe de travail des jeunes en agroécologie.Une formation régionale pour renforcer les capacitésDans ce contexte, l’AFSA, en collaboration avec le Seed Savers Network (SSN-K) et le groupe de travail des jeunes en agroécologie, a organisé une formation au centre du Seed Savers Network à Gilgil, au Kenya.Démarrée le 12 août dernier, cette session de cinq jours réunit de jeunes leaders, agriculteurs, militants pour les droits des semences, chercheurs et acteurs de la société civile. À travers des ateliers théoriques et pratiques, les participants acquièrent des compétences en innovation, actions collectives et plaidoyer afin de mieux défendre les systèmes de semences gérés par les agriculteurs et influencer les réformes politiques.La rencontre vise également à approfondir la connaissance des systèmes semenciers paysans et à renforcer la capacité des jeunes à documenter, protéger et promouvoir les savoirs et pratiques indigènes.valoriser somme toute les savoirs paysans et l’action collective « Ce renforcement des capacités permettra aux participants de jouer un rôle de leader dans la transition vers des systèmes alimentaires durables et respectueux de la biodiversité », souligne Ndèye Awa Guèye.Une vision continentale pour l’avenir a travers ce programme qui s’inscrit dans une vision plus large : bâtir une Afrique où les jeunes sont au cœur de la souveraineté alimentaire. Il est désormais crucial que les politiques agricoles soutiennent les systèmes semenciers paysans tout en offrant aux jeunes des espaces pour influencer et participer activement aux réformes.L’initiative s’aligne sur la campagne “Seed is Life” de l’AFSA, qui mobilise la jeunesse africaine autour de plans d’action concrets. En transformant les connaissances en plaidoyer local et en actions tangibles, les jeunes deviennent des moteurs de changement.À travers cet engagement, l’AFSA et ses partenaires entendent redonner aux jeunes Africains les moyens de défendre et de préserver les semences paysannes, socle de la souveraineté alimentaire du continent.Babacar sene journal Agropasteur
