L’Institut Sénégalais de Recherches Agricoles (ISRA) a publié une note politique intitulée « Systèmes alimentaires, deux sommets, des engagements : et après ? ». Le document revient sur les avancées enregistrées depuis le Sommet mondial sur les systèmes alimentaires de 2021 et souligne la nécessité d’un pilotage institutionnel renforcé et d’un cadrage budgétaire adapté pour garantir la durabilité et l’efficacité des actions engagées.Pour assurer un accès équitable et durable à l’alimentation d’ici 2030, le Sénégal a défini trois axes pour transformer les systèmes alimentaires déclinés en pistes d’action notamment en termes d’amélioration de la production, de la transformation, de la commercialisation et de la consommation des produits agro-sylvo-pastoraux et halieutiques. Cet axe englobe toute la chaîne de valeur, de la gestion durable des ressources naturelles au stockage, conditionnement et distribution, mais aussi de renforcement du cadre législatif et réglementaire, notamment à travers des normes sanitaires, une réforme foncière et une meilleure gouvernance des terres et de consolidation de la résilience des systèmes alimentaires, en promouvant les bonnes pratiques agricoles, l’accès aux financements, aux assurances, ainsi que des dispositifs d’alerte précoce face au changement climatique.À la suite du Sommet de Tanzanie, le Sénégal a pris plusieurs engagements pour concrétiser cette transformation. Parmi eux , une réduction de la TVA sur certains intrants, équipements et produits liés à la lutte contre la malnutrition, l’introduction ou la révision de textes législatifs pour encadrer les importations, le contrôle sanitaire et sécuriser les exploitations familiales et le renforcement des capacités à travers des formations, l’appui aux organisations professionnelles et une meilleure intégration du genre.Par ailleurs, des dispositifs de gouvernance participative ont été mis en place : comités régionaux et nationaux d’orientation agro-sylvo-pastorale, conférence agricole annuelle, et cellule de concertation nationale. Ces structures doivent favoriser le dialogue entre acteurs publics, privés et société civile.Malgré ces engagements, la note de l’ISRA relève plusieurs limites notamment des mesures encore générales et peu spécifiques, sans cibles précises ni délais définis, un manque de clarté sur certaines orientations, comme la réforme foncière ou la régulation des importations et une absence de cadrage budgétaire, qui rend difficile la concrétisation des actions.Depuis 2021, le processus accuse un retard important. L’ISRA recommande la création d’un organe de pilotage intersectoriel placé sous l’autorité directe du Chef du gouvernement, capable de mobiliser efficacement les parties prenantes et d’assurer un suivi rigoureux des engagements.Cette analyse a été réalisée dans le cadre du projet « Strengthening National Capacities and Policies for Food Systems Analysis and Transformation in Kenya, Ghana, and Senegal », financé par le Centre de recherches pour le développement international (CRDI/IDRC).Babacar Sene Journal Agropasteur( Note politique ISRA)
