Mis en œuvre par l’ONG canadienne MEDA (Mennonite Economic Development Associates), le projet Avenir (Adaptation et Valorisation Entrepreneuriales en Irrigation et Agriculture Rurales) se positionne comme un levier d’innovation et de résilience dans les régions de Tambacounda et de Sédhiou. À travers une approche centrée sur les jeunes et les femmes, il combine pratiques agricoles durables, financements adaptés et appui à l’entrepreneuriat local.Selon Sémou Gueye, le projet Avenir repose sur trois composantes principales : la recherche et la vulgarisation des bonnes pratiques climato-intelligentes en partenariat avec le CIAT (chef de file dans ce domaine), mais aussi avec des structures telles que l’ANACIM, Jokalante ou Mlouma, qui diffusent des informations aux producteurs. Ces pratiques sont illustrées à travers des démonstrations et des formations menées sur les périmètres maraîchers.« Nous croyons peu à la subvention classique qui finit par tuer la créativité. Notre approche repose sur des incitations intelligentes », explique Sémou Gueye. Ce modèle vise à encourager les bénéficiaires à développer leur employabilité et leur autonomie économique à travers trois mécanismes : Un modèle basé sur les « incitations intelligentes »Le fonds de réduction des prix (2 millions de dollars canadiens), permettant par exemple aux femmes d’accéder plus facilement aux engrais grâce à une prise en charge partielle du coût.Le fonds d’innovation pour les entreprises, avec des subventions à 100 % pour soutenir les chaînes de valeur comme le baobab et la mangue.Le fonds de contrepartie destiné aux grands clients et entreprises, avec une contribution de 50 %.Ces dispositifs, selon le coordinateur, ont permis de créer des emplois et de renforcer les revenus des jeunes et des femmes.Nous avons obtenu des résultats concrets sur le terrain informe le Coordinateur notamment sur le plan financier où plus de 2 500 clients ont bénéficié de crédits auprès des institutions de microfinance, sans aucun défaut de remboursement, grâce à une intermédiation menée avec des partenaires comme Cauri Microfinance. À ce jour, plus de 75 millions de francs CFA ont été injectés dans le développement des activités agricoles.En matière d’infrastructures et d’investissements, le projet a permis la réalisation de 11 cuvettes maraîchères (environ 200 millions FCFA) ; l’investissement dans 10 entreprises de transformation (180 millions FCFA) ; le soutien à plus de 2 000 acteurs horticoles (100 millions FCFA).L’approche « Champion », qui consiste à s’appuyer sur des entreprises locales leaders, a également montré ses effets. À Tambacounda, par exemple, Moussa Thiam, jeune métallurgiste ayant résisté à la tentation de l’émigration, a développé « Khelcom Agribusiness – Thiam et Frères », une entreprise aujourd’hui incontournable dans la fabrication de matériels et équipements agricoles.Une appropriation nationale du modèle L’expérience menée par MEDA, en partenariat avec l’Alliance Bioversity et le CIAT, et financée par le gouvernement du Canada, a suscité l’intérêt du Ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, notamment pour son impact en matière de création d’emplois.Le projet, qui arrive dans sa dernière année de mise en œuvre, entre dans une phase de capitalisation et de consolidation. « Nous allons renforcer certains maillons des chaînes de valeur, notamment celui des fournisseurs où les femmes sont présentes mais encore peu structurées. Une stratégie spécifique sera mise en place pour leur permettre d’occuper pleinement cette niche, avec un accompagnement dans l’hydraulique, soutenu par une enveloppe de 15 millions de dollars canadiens », précise Sémou Gueye.Ainsi, le projet Avenir s’affirme comme un levier de résilience et d’entrepreneuriat agricole, misant sur l’innovation, l’emploi des jeunes et l’autonomisation des femmes dans les territoires.
