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Le Comité pastoral a validé son bulletin d’informations n°47, couvrant la première quinzaine du mois d’août 2025. Ce document stratégique, élaboré par le Comité national technique avec l’appui de l’International Livestock Research Institute (ILRI) , le projet TAAT finance par la banque africaine de developpement et du Ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage (MASAE), dresse un état des lieux complet de la situation pastorale au Sénégal.

Des indicateurs multiples suivis de près

Le bulletin présente les principales tendances relatives à la météorologie, la pluviométrie, la campagne fourragère, la situation zoo-sanitaire, l’état des mares, l’accès à l’eau, la mobilité du cheptel, les feux de brousse, les marchés à bétail ainsi que les cas de vol de bétail.

Il constitue un outil de référence pour l’anticipation des besoins et la prise de décisions en faveur des éleveurs et des communautés rurales.

Pluviométrie et stress thermique

Selon les prévisions, la deuxième quinzaine d’août sera marquée par un indice de température et d’humidité (ITH) modéré sur la majorité de la zone sylvopastorale, à l’exception de Koumpentoum où un stress thermique sévère est attendu.

Entre le 18 et le 25 août, des conditions pluvieuses supérieures à la normale sont prévues sur le Centre et le Sud du pays, tandis que le Nord-Est (Podor, Matam) connaîtra des précipitations conformes à la moyenne. À partir du 25 août, une relative accalmie est attendue, sauf dans les régions méridionales.

Végétation et pâturages

L’analyse de l’indice de végétation (NDVI) montre une croissance globalement normale, sauf à Kébémer, Linguère, Saint-Louis, Dagana et Podor où elle reste faible. Des retards de démarrage de la saison sont constatés dans les Niayes, une partie du Bassin arachidier et du Ferlo.

En zone pastorale, des déficits de pâturages persistent à Podor, Dagana et Linguère, malgré une reconstitution progressive dans certaines localités. La consommation de jeunes pousses expose toutefois les troupeaux à des entérotoxémies.

Campagne fourragère et accès à l’eau

Le MASAE a distribué 150 tonnes de niébé fourrager, 15 tonnes de sorgho variété paysanne et 20 tonnes de maïs, accompagnées d’engrais chimiques et organiques. Ces appuis visent à promouvoir les cultures fourragères sur près de 12 500 hectares.

Concernant l’accès à l’eau, la zone agro-sylvo-pastorale compte 1 363 forages, dont 47 en panne, soit un taux de disponibilité de 96,55 %. Tambacounda enregistre le taux le plus faible (90,38 %), alors que Goudiry atteint 98,65 %.

Mouvements du cheptel et vols de bétail

Le bulletin signale une forte concentration de bétail à Saint-Louis, Louga et Matam, avec des mouvements de transhumance hivernale en direction du Centre et du Nord. Nabadji Civol (Matam) connaît notamment un afflux de troupeaux en provenance de Kanel.

Par ailleurs, 118 cas de vol de petits ruminants et 56 de grands ruminants ont été recensés, principalement dans les zones frontalières avec la Gambie et la Mauritanie, où des tensions intercommunautaires sont redoutées.

Situation zoo-sanitaire

Au total, 396 foyers de maladies animales ont été rapportés, dont 48 de pasteurellose, 30 de botulisme, 27 de gourme, 23 de peste des petits ruminants et 21 d’entérostomie.

Un nombre record de 15 suspicions de rage a été enregistré en deux semaines, dont plusieurs cas confirmés. Les mesures de contrôle recommandées incluent la vaccination autour des foyers, la mise en observation des animaux mordeurs et la sensibilisation accrue des éleveurs.

Marchés à bétail et perspectives

La période a été marquée par une forte hausse de l’offre et de la demande, en lien avec les préparatifs du Grand Magal de Touba. Les marchés de Dahra, Touba et Bambey ont enregistré des flux exceptionnels, tant pour les bovins que pour les ovins et caprins.

Des recommandations fortes

Le Comité pastoral recommande de renforcer les capacités de médiation pour prévenir les conflits entre agriculteurs et éleveurs, d’accélérer la réparation des forages en panne, de promouvoir les cultures fourragères, et d’intensifier la lutte contre le vol de bétail et les maladies animales.

Grâce à la plateforme Jokalanté, plus de 3 000 destinataires au niveau local reçoivent régulièrement des conseils pratiques pour améliorer leur résilience face aux aléas climatiques et sanitaires.

Babacar Sene Journal Agropasteur( appuyé par le Comité National Pastoral/ Direction de l’élevage (DIREL) Division pastoral)

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