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Le militant environnementaliste togolais Sena Alouka salue la décision actée lors de la COP30 à Belém, au Brésil, de confier l’organisation de la COP32 à l’Éthiopie, sous réserve de confirmation finale. Dans un entretien accordé à RFI, il revient sur l’importance symbolique et politique de ce choix pour le continent africain.La COP32 devrait se tenir en Éthiopie en 2027, conformément à la décision prise lors de la COP30 organisée à Belém, au Brésil. Pour le militant écologiste togolais Sena Alouka, cette annonce est une « grande satisfaction ». Interrogé par RFI et relayé par nos confrères du Naturel, il insiste sur la portée historique et politique de ce choix pour l’Afrique.Selon lui, après l’Afrique du Sud et le Maroc, l’heure est venue de réinstaller la Conférence des Parties sur le continent africain, et particulièrement dans un pays porteur d’un symbole fort :« L’Éthiopie symbolise la renaissance africaine. Elle vient d’inaugurer le grand barrage de la Renaissance africaine, financé presque entièrement sur fonds propres. C’est un énorme miracle », affirme-t-il.Pour M. Alouka, la tenue de la COP32 à Addis-Abeba permettra de mettre en lumière les « solutions africaines » dans la lutte contre les dérèglements climatiques et de replacer le continent au centre des négociations mondiales.Le militant rappelle également le rôle singulier de l’Éthiopie dans l’histoire du continent : « L’Éthiopie un pays à la stature historique, est le siège de l’Afrique, mais aussi un pays dont beaucoup rêvent d’être originaires. C’est le seul à avoir vaincu un envahisseur colonial et à s’être construit presque seul », dit-il.Malgré les tensions internes que connaît le pays, il estime que l’organisation de la COP pourrait contribuer à « recoudre le tissu social » et démontrer la capacité de l’Afrique à organiser des événements d’envergure mondiale.Interrogé sur la logistique, Sena Alouka se veut rassurant. L’Éthiopie, selon lui, dispose déjà d’une solide expérience :« Le Sommet africain du climat a récemment réuni entre 20 000 et 25 000 participants. Addis-Abeba compte aujourd’hui entre 15 000 et 20 000 lits hôteliers, et peut atteindre 50 000 d’ici deux ans. »Il rappelle également que plusieurs villes proches de la capitale peuvent accueillir des délégations, renforçant la capacité globale du pays.Sur la question du Pourquoi il n’a pas participé à la COP30, Sena Alouka explique être resté au Togo par choix politique et pratique pour l’influence croissante des pays pétroliers et des acteurs privés dans les COP .mais aussi un manque de capacité hôtelière à Belém et des coûts trop élevés et la volonté de réduire son empreinte carbone.Néanmoins il propose même une nouvelle approche : « Pourquoi pas une COP en ligne ? On pourrait imaginer un mois de négociations virtuelles, puis une semaine en présentiel pour finaliser les textes. Cela ferait beaucoup de bien à l’humanité. »« Une COP des élites et du marché » poursuit -ils . Une critique vis-à-vis de l’influence du secteur privé, il dénonce une dérive des COP non seulement « Les délégués du privé sont plus nombreux que la plupart des délégations d’Afrique subsaharienne réunies mais aussi . ‘les compagnies pétrolières dominent, suivies des fonds de pension et des acteurs du marché carbone. »Sena Alouka juge le marché carbone comme « un marché de dupes » qui ne constitue pas une réponse crédible à la crise climatique. Il y voit un instrument destiné à perpétuer la dépendance aux énergies fossiles.Quid des Forêts et partagé entre espoir et méfiance envers la TFFF, le spécialiste des questions forestières, salue l’initiative du président brésilien Lula de créer la Tropical Forest Forever Facility (TFFF), un fonds destiné à financer la protection des grandes forêts tropicales.Il insiste néanmoins sur la nécessité de garantir l’accès direct aux ressources pour les populations locales « Nous craignons que ces fonds finissent encore dans les grandes banques ou dans les mécanismes REDD+ et l’article 6.2, ce qui pourrait bloquer les initiatives de développement dans les communautés forestières. »Pour lui, l’enjeu central reste que les populations autochtones et rurales bénéficient réellement des financements prévus et que les décisions ne soient pas confisquées par des institutions financières ou les marchés carbone.Babaclimat (Naturel)

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