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À l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes et des filles, célébrée chaque 25 novembre, l’organisation SHE Rights tire la sonnette d’alarme : depuis l’an 2000, les violences faites aux femmes n’ont quasiment pas reculé à l’échelle mondiale.Dans un communiqué rendu public, SHE Rights s’inquiète du constat selon lequel « une femme sur trois continue de subir des violences conjugales ou sexuelles au cours de sa vie, et ce chiffre demeure presque inchangé depuis 26 ans ». Le rythme de recul est jugé « désespérément lent », estimé à 0,2 % par an sur les deux dernières décennies.L’organisation souligne que ces statistiques sont probablement largement sous-estimées, en raison de la stigmatisation, de la peur et des obstacles qui freinent le signalement. « Les violences psychologiques sont parmi les moins déclarées », rappelle Shobha Shukla, coordinatrice de SHE Rights.Un rapport récent de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) met également en lumière une contradiction alarmante : alors même que les preuves scientifiques sur l’efficacité des stratégies de prévention s’accumulent, les financements internationaux destinés à ces programmes diminuent.En 2022, seuls 0,2 % de l’aide mondiale au développement étaient consacrés à la prévention des violences faites aux femmes — un montant encore en baisse en 2025.Le directeur général de l’OMS, Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, rappelle que cette violence constitue « l’une des injustices les plus anciennes et les moins combattues de l’humanité », ajoutant qu’aucune société ne peut se dire « juste ou sûre » lorsque la moitié de sa population vit dans la peur.Plusieurs personnalités internationales insistent sur la nécessité de replacer le droit à la santé, y compris la santé sexuelle et reproductive, au centre des politiques publiques.Pour Dr Tlaleng Mofokeng, Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur le droit à la santé, l’investissement dans l’équité et dans les mouvements de défense des droits est essentiel. Elle met en garde contre les politiques régressives et les attaques croissantes contre les droits des femmes : en 2024, près d’un pays sur quatre a connu des reculs dans la protection des droits féminins.Alison Drayton, secrétaire générale adjointe de la CARICOM, dénonce quant à elle un « affaiblissement de la solidarité » qui menace la santé et les droits sexuels et reproductifs dans de nombreuses régions.Pour Aysha Amin, fondatrice de Baithak au Pakistan, les conséquences sont particulièrement sévères pour les femmes des communautés rurales et des zones touchées par les catastrophes climatiques. Le manque d’accès aux services de santé, d’eau et d’assainissement expose davantage les femmes et les adolescentes à des risques pour leur santé et à diverses formes de violence.SHE Rights, appuyée par plusieurs acteurs internationaux, appelle les gouvernements à renforcer l’action publique et à investir durablement dans la prévention et la protection. Les priorités identifiées sont :• Renforcer les programmes de prévention basés sur des preuves, notamment ceux portés par les communautés.• Améliorer les services de santé, juridiques et sociaux destinés aux survivantes.• Investir dans des systèmes de données fiables pour suivre les progrès et protéger les groupes les plus vulnérables.• Appliquer les lois et politiques favorisant l’autonomisation des femmes et des filles.À l’approche de la Journée de la couverture sanitaire universelle (CSU), le 12 décembre, les organisations rappellent que l’égalité de genre et l’accès aux soins sont des conditions indispensables pour un monde plus juste et plus sûr. Babacar Sene Journal Agropasteur

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