L’atelier régional de validation du Plan d’action de la Décennie des Nations Unies pour l’Agriculture Familiale (DNUAF) du Sénégal, couplé à une réflexion sur le financement du secteur agro-sylvo-pastoral et halieutique (ASPH) en Afrique de l’Ouest, a pris fin ce jeudi 4 décembre 2025.Ouvert le 2 décembre, il a réuni des représentants d’organisations paysannes, d’institutions régionales et des partenaires techniques et financiers.Lors de la cérémonie de clôture, le président du Réseau des organisations paysannes et de producteurs de l’Afrique de l’Ouest (ROPPA), Ibrahima Coulibaly, a salué la qualité des travaux et insisté sur les enjeux cruciaux liés au financement des exploitations familiales.Les participants ont été invités à formuler des recommandations destinées à renforcer les services financiers dédiés au secteur agricole et à faciliter l’accès des exploitations familiales aux différents mécanismes existants.Deux thématiques majeures ont structuré les échanges notamment la validation du Plan d’action national de la DNUAF, portée par le CNCR, en concertation avec les autorités sénégalaises et la problématique du financement du secteur ASPH, considérée comme un levier essentiel de souveraineté alimentaire.« Aucune activité économique ne peut prospérer sans un financement adéquat, et c’est malheureusement le cas de l’agriculture africaine », a rappelé Ibrahima Coulibaly. Selon lui, alors que les paysans représentent au moins 65 % de la population africaine et contribuent à 30–40 % du PIB, ils reçoivent moins de 10 % des budgets nationaux dans la majorité des pays du continent.Pire encore, seuls 6 % des agriculteurs africains ont accès au crédit, contre des taux proches de 100 % dans certains autres continents.L’atelier a permis de faire un état des lieux complet du financement de l’agriculture familiale en Afrique de l’Ouest, d’identifier les insuffisances et de proposer des pistes d’action pour les mois et années à venir.Parmi les recommandations phares figure le renforcement des cadres de dialogue politique, déjà opérationnels au Sénégal mais encore insuffisants au niveau régional. Le ROPPA appelle à mettre en place un mécanisme régional réunissant organisations paysannes, institutions régionales et partenaires pour mener un plaidoyer structuré sur la question du financement du secteur ASPH.Ibrahima Coulibaly a également salué les initiatives concrètes, telles que la signature entre le CNCR et le gouvernement du Sénégal sur le Récépissé d’Entreposage, un outil innovant susceptible de faciliter la mise en marché des produits des exploitations familiales et de renforcer leur accès au crédit.Le président du ROPPA a insisté sur la nécessité, pour les États africains, de mobiliser leurs propres ressources et de réduire la dépendance excessive aux financements extérieurs, souvent incertains.« Il existe en Afrique des sources de financement importantes, encore très peu utilisées. Nous devons penser à l’autofinancement de notre agriculture », a-t-il plaidé.Ces questions, longuement débattues durant l’atelier, devraient faire l’objet de travaux approfondis dans les prochains mois afin de définir des mécanismes adaptés aux réalités locales.Selon M. Coulibaly, les échanges ont révélé des signaux positifs et des perspectives encourageantes pour le futur du secteur ASPH. Le ROPPA espère que les recommandations formulées seront pleinement mises en œuvre pour améliorer durablement les conditions de financement des exploitations familiales.Le président du réseau a magnifié le rôle du Sénégal, particulièrement engagé dans la conduite de la DNUAF, ainsi que celui du CNCR, qui accompagne activement les organisations paysannes dans les initiatives de renforcement de la sécurité alimentaire.Il a enfin remercié les autorités sénégalaises, l’AFD principal partenaire de l’organisation de l’atelier la Commission Développement Rural de l’UEMOA et la FAO, qui continue de soutenir la mise en œuvre des recommandations adoptées.
Babacar Sène Journal Agropasteur
