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La crise alimentaire et nutritionnelle continue de s’aggraver en Afrique de l’Ouest et au Sahel. Selon les dernières analyses du Cadre Harmonisé (CH) 2025, 41,8 millions de personnes sont actuellement confrontées à une insécurité alimentaire aiguë. Sans action urgente, ce nombre pourrait atteindre 52,8 millions de personnes durant la période de soudure juin–août 2026, alerte l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

Les analyses, menées dans 15 pays de la région ainsi qu’au Cameroun, mettent en évidence une combinaison de facteurs aggravants : conflits armés persistants, chocs climatiques, flambée des prix des denrées alimentaires, inflation, hausse des coûts des intrants agricoles et réduction significative des financements humanitaires. Autant d’éléments qui fragilisent lourdement les moyens de subsistance des populations les plus vulnérables.

« La crise alimentaire résulte d’une combinaison de facteurs qui se renforcent mutuellement. L’insécurité persistante — notamment dans le Bassin du lac Tchad, le Liptako-Gourma, les régions anglophones du Cameroun ainsi qu’au nord-ouest et au centre du Nigéria — limite l’accès aux terres agricoles et aux marchés. À cela s’ajoutent les chocs climatiques, la pression économique liée à l’inflation et une baisse des financements compromettant la couverture des besoins prioritaires », explique M. Koffy Dominique Kouacou, chef de l’Équipe sous-régionale pour la résilience en Afrique de l’Ouest (REOWA) de la FAO.

Une situation déjà critique car entre octobre et décembre 2025, près de 41,8 millions de personnes étaient classées en situation de Crise ou pire (phases 3 à 5 du Cadre Harmonisé). Parmi elles, plus de 1,4 million se trouvaient en phase Urgence (phase 4), notamment au Nigéria, au Cameroun, au Tchad, au Ghana, en Guinée, au Mali, au Niger et au Sénégal.

Si aucune zone n’est actuellement classée en phase Catastrophe (phase 5), les projections demeurent extrêmement préoccupantes. Dans certaines zones très localisées, notamment dans l’État de Borno au Nigéria (Dikwa, Kaga et Kala-Balge), plus de 15 000 personnes risquent de basculer en situation de catastrophe alimentaire.

Des perspectives alarmantes pour 2026 car sans mesures supplémentaires, la situation pourrait se détériorer davantage en 2026. Les pays les plus affectés sont notamment le Nigéria, le Tchad, le Cameroun, le Niger, la Guinée, le Mali, le Ghana et la Sierra Leone.

Face à cette urgence, la FAO appelle à une mobilisation collective immédiate afin de renforcer les réponses humanitaires, soutenir la production vivrière, protéger les moyens de subsistance et accroître les investissements dans la résilience des communautés.

« Ces chiffres sont alarmants et témoignent d’une situation gravissime. Ils rappellent l’urgence d’agir collectivement pour éviter une détérioration majeure en 2026. La FAO, aux côtés des gouvernements et des partenaires, reste mobilisée pour renforcer la résilience des communautés et protéger les moyens d’existence », a déclaré Mme Bintia Stephen-Tchicaya, Coordonnatrice sous-régionale de la FAO pour l’Afrique de l’Ouest.

Le cycle actuel d’analyse du Cadre Harmonisé couvre 1 142 zones pour la période courante (octobre–décembre 2025) et la période projetée (juin–août 2026). Les sessions nationales se sont tenues entre le 13 octobre et le 22 novembre 2025, à l’exception du Niger (10–16 décembre). Deux pays la Gambie, la Guinée-Bissau n’ont pas conduit d’analyse pour ce cycle.

La revue régionale de qualité et la consolidation des résultats par le Comité technique du CH se sont déroulées du 22 au 28 novembre 2025 à Saly Portudal (Sénégal), suivies d’une revue spécifique du Niger les 18 et 19 décembre.

« Le Cadre Harmonisé est une boussole, un outil robuste et consensuel qui permet de produire des analyses fiables de la sécurité alimentaire et nutritionnelle et d’orienter les décisions des gouvernements et des partenaires. Nous lançons un appel urgent à l’ensemble des acteurs pour continuer à soutenir cette initiative afin d’atteindre l’objectif de sécurité alimentaire en Afrique de l’Ouest », souligne M. Koffy Dominique Kouacou.

Outil régional de référence depuis 1999, le Cadre Harmonisé classe les zones selon cinq phases de sévérité, de la phase 1 (Minimale) à la phase 5 (Catastrophe/Famine). Il est mis en œuvre grâce à la collaboration du CILSS, de la CEDEAO, de l’UEMOA, des agences des Nations Unies (FAO, PAM, UNICEF), d’ONG internationales et de partenaires techniques, afin d’orienter la planification des réponses et le plaidoyer en faveur des populations vulnérables.

Babacar sene Journal Agropasteur (SOURCE Communiqué de presse de la FAO)

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