Face au chômage des jeunes, à l’exode rural et aux défis du changement climatique, l’agriculture et l’élevage s’imposent progressivement comme des secteurs clés de transformation économique et sociale au Sénégal.
Longtemps perçus comme peu attractifs, ces domaines connaissent aujourd’hui une dynamique nouvelle portée par des politiques publiques volontaristes, des programmes structurants et une jeunesse de plus en plus engagée dans l’entrepreneuriat rural.
Les jeunes doivent s’imposer au cœur du renouveau agricole et pastoral au Sénégal où plus de 60 % de la population a moins de 25 ans.
Cette jeunesse constitue un réservoir stratégique de compétences et d’innovation pour l’agriculture et l’élevage, secteurs qui emploient encore une grande partie de la population active.
Pour les pouvoirs publics et les partenaires techniques et financiers, l’enjeu est clair : transformer l’agriculture traditionnelle en une agriculture moderne, rentable et créatrice d’emplois décents pour les jeunes
Ce qu’il faut , ce sont des programmes structurants au service de l’insertion des jeunes à travers plusieurs initiatives nationales qui vont contribuer au renforcement de l’attractivité des métiers agricoles et pastoraux.
Le Programme des Domaines agricoles communautaires (PRODAC) illustre cette volonté de créer des pôles intégrés de production, de transformation et de commercialisation. En offrant aux jeunes un accès au foncier aménagé, à l’eau, à l’encadrement technique et aux marchés, le PRODAC permet à de nombreux diplômés et non-diplômés de s’installer durablement dans l’agriculture.
Dans la filière rizicole, le Programme agricole Italie–Sénégal (PAIS), en partenariat avec l’Institut sénégalais de recherches agricoles (ISRA), accompagne la mise au point et la diffusion de variétés améliorées adaptées aux changements climatiques. À Kaolack, Saint-Louis ou l’Anambé, de jeunes producteurs s’approprient ces innovations pour améliorer les rendements, sécuriser la production et développer des activités de transformation locale.
Recherche, innovation et savoirs locaux : un nouveau modèle pour tracter les jeunes ; L’ISRA joue un rôle central dans le renouvellement de l’agriculture sénégalaise. À travers la recherche participative, l’institution valorise les savoirs paysans, tout en intégrant les avancées scientifiques et technologiques. Cette approche attire de plus en plus de jeunes, intéressés par une agriculture fondée sur l’innovation, l’agroécologie et la résilience climatique.
Dans l’élevage, des programmes comme le Projet régional d’appui au pastoralisme au Sahel (PRAPS) contribuent à moderniser les systèmes pastoraux. L’amélioration de l’accès à l’eau, aux services vétérinaires et aux marchés renforce l’attractivité de l’élevage pour les jeunes pasteurs, notamment dans les zones sylvo-pastorales du Ferlo.
L’élevage et la pêche, des secteurs à fort potentiel pour la jeunesse ; l’exemple est pris à travers le Projet de développement de l’élevage au Sénégal (PDES) et le Projet de développement de la pêche et de l’aquaculture (PEDEPS) qui offrent de nouvelles opportunités aux jeunes à travers l’aviculture, l’embouche bovine, la transformation des produits halieutiques et la pisciculture. Ces filières génèrent des revenus rapides et favorisent l’émergence de petites et moyennes entreprises rurales.
Par ailleurs, le Programme d’urgence de développement communautaire (PUDC) joue un rôle transversal en améliorant les infrastructures de base (pistes rurales, électrification, accès à l’eau), conditions indispensables à l’installation et au maintien des jeunes dans les territoires ruraux.
Il s’agira véritablement de moderniser l’image de l’agriculture et de l’élevage en mettant en place non seulement le matériel agricole mais aussi les équipements ; c’est dans ce sens que s’inscrit « Allô Tracteurs « et les Coopératives dénommés CAC et CUMA
Au-delà des investissements, l’attractivité passe aussi par un changement de regard. De plus en plus de jeunes se définissent comme agri-preneurs, combinant production, transformation, numérique et commercialisation. Les réseaux sociaux, les coopératives et les incubateurs agricoles contribuent à valoriser ces parcours et à montrer que l’agriculture peut être un secteur d’avenir et d’innovation.
Un levier stratégique pour le développement et la souveraineté alimentaire , un impératif pour faire de l’agriculture et de l’élevage des secteurs attractifs pour les jeunes ; c’est aussi renforcer la création des emplois durables et la réduction des inégalités territoriales.
Les expériences menées au Sénégal montrent que, lorsque l’accès au foncier, au financement, à la formation et aux marchés est assuré, les jeunes deviennent de véritables accélérateurs de changement et de développement. Il s’agira également de d’atténuer la main mise de l’Etat sur l’activité agricole en facilitant l’actionnariat privé dans les sociétés de développement agricole .Les privés agricole s’investir dans la recherche et détenant leur propres laboratoire et faisant travailler des techniciens et des chercheurs comme ce qui se fait se fait en Colombie ou Europe , en chine ou au Japon .Aller ainsi à moins d’état et jouer à sa fonction régalienne bien définie et bien comprise.
L’avenir de l’agriculture et de l’élevage sénégalais se joue aujourd’hui avec la jeunesse. En consolidant les acquis des programmes existants et en renforçant la coordination entre l’État, la recherche, les collectivités locales et le secteur privé, le Sénégal peut transformer ses systèmes agricoles et pastoraux en moteurs de croissance inclusive et durable.
Babacar sene Journal Agropasteur
