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Longtemps considérés comme des vitrines de promotion économique, sociale et institutionnelle, les foires, salons et forums organisés au Sénégal traversent aujourd’hui une crise profonde. Coûteux, peu productifs et faiblement structurés, ces événements peinent à produire des impacts concrets et mesurables. Une remise en question s’impose pour éviter leur perte de crédibilité.

Les organisations d’événements tels que les foires, salons et forums font face à de nombreuses difficultés structurelles, aggravées par des crises récurrentes. Cette situation plonge les promoteurs dans une inquiétude permanente et fragilise un secteur autrefois perçu comme un levier de développement.

La participation des acteurs clés diminue progressivement, tandis que les partenaires de projets et de programmes se désengagent, faute de résultats concrets et mesurables. Les événements n’offrent plus de retombées économiques, techniques ou institutionnelles suffisantes, ce qui réduit considérablement l’impact réel de l’accompagnement annoncé.

Peut-on raisonnablement organiser, tout au long de l’année, des dizaines de salons, foires et forums sans préparation stratégique, sans innovation et sans valeur ajoutée ? Où est passé le travail de fond ? Où sont les phases de recherche, de développement, de capitalisation et d’évaluation qui devraient structurer ces initiatives ?

Les foires, salons et forums au Sénégal ne sont pas en crise par hasard. Ils souffrent avant tout d’un déficit de vision, de professionnalisation et d’impact. En l’absence d’introspection, de planification stratégique et d’innovation, l’événementiel tend à devenir un business en difficulté plutôt qu’un véritable levier de développement économique et social.

Une inflation d’événements sans stratégie que constituen ces salons et foires  où il  est urgent de réfléchir collectivement afin de sortir de cette logique d’événementiel répétitif, coûteux et peu productif, et de redonner un sens, une utilité et une crédibilité à ces cadres d’échanges. Le secteur est aujourd’hui marqué par une inflation d’événements organisés sans étude de marché, sans ciblage clair des publics, des exposants et des partenaires, et par une forte redondance thématique qui finit par lasser les acteurs.

Autant de facteurs qui expliquent, année après année, la perte d’intérêt, la faible mobilisation et l’échec économique de nombreuses manifestations. Le modèle économique se fragilise, entraînant une dépendance excessive aux sponsors et aux partenaires publics, avec peu de recettes propres durables en dehors des subventions, souvent recherchées auprès de l’État.

D’année en année, l’organisation des foires et salons emprunte des chemins de plus en plus tortueux, marqués par une faible viabilité économique, un manque d’impacts mesurables et l’absence de suivi post-événementiel. Les indicateurs de résultats  contrats signés, partenariats établis, innovations générées  restent largement en marge des préoccupations des organisateurs.

À cela s’ajoutent le déficit de capitalisation des connaissances, l’absence de recherche et développement (R&D) et le peu de temps consacré à la préparation, à l’expérimentation et à l’innovation. Autant de lacunes qui découragent les partenaires et investisseurs potentiels.

Un véritable modèle à bout de souffle où il faut  innover ou disparaître aujourd’hui où  le format organisationnel classique des foires et salons apparaît dépassé. Il appartient désormais aux organisateurs d’apporter des innovations majeures, notamment par l’usage du numérique et le développement d’approches hybrides. Ces évolutions pourraient contribuer à rendre les événements plus attractifs, plus interactifs et mieux connectés aux besoins réels des acteurs économiques et institutionnels conformément aux Foires , Salons que nous avons  l’habitude de couvrir et de participer avec le Format Partenaires en sus de toutes les commodités logistiques.

Sans cette profonde transformation, l’événementiel risque de perdre définitivement sa crédibilité et son rôle stratégique dans le développement.

Babacar Séne Journal Agropasteur

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