Le Directeur général de l’Institut sénégalais de recherches agricoles (ISRA), représentant le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, a présidé l’ouverture de l’atelier national de clôture et de présentation des résultats du projet BioStar, en présence de représentants des ministères en charge de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, de l’Environnement et de la Transition écologique, ainsi que de partenaires techniques et financiers, d’interprofessions et d’organisations professionnelles, de producteurs et d’acteurs des filières agricoles et agroalimentaires.Cette rencontre a servi de cadre de partage d’expériences et de restitution des acquis du projet BioStar – Bioénergies pour la transformation agroalimentaire en Afrique de l’Ouest, mis en œuvre durant six ans au Sénégal et au Burkina Faso. Le projet a bénéficié de l’appui de plusieurs partenaires, notamment des institutions de recherche et d’enseignement, des organisations professionnelles, des PME agroalimentaires et des équipementiers.Dans son intervention, le représentant du ministre est revenu sur les objectifs majeurs de BioStar, qui a permis de développer des solutions bioénergétiques innovantes offrant aux PME agroalimentaires la possibilité de transformer leurs résidus agricoles en énergie. Ces solutions s’inscrivent pleinement dans les priorités nationales en matière de développement agricole, de promotion de la petite et moyenne industrie, de transition énergétique et de protection de l’environnement.Il a salué BioStar comme un exemple réussi de coordination interinstitutionnelle, illustrant l’importance de la synergie entre les différents départements ministériels et les acteurs du développement pour produire des résultats concrets au bénéfice du secteur agroalimentaire.Le représentant du ministre a également rappelé les défis structurels persistants, notamment l’accès limité et coûteux à l’énergie en milieu rural, la dépendance aux énergies fossiles importées, les pertes post-récoltes élevées et la concentration de la transformation agroalimentaire en zone urbaine. Autant de contraintes qui freinent le développement des PME rurales, pourtant essentielles à la création d’emplois et à la souveraineté alimentaire.Face à ces enjeux, BioStar a apporté des réponses adaptées aux réalités locales à travers la valorisation énergétique des résidus agricoles. Les résultats obtenus sont jugés probants : mise au point de procédés bioénergétiques innovants, installation d’équipements fonctionnels dans des PME, ciblage de filières stratégiques telles que le riz, l’arachide, la mangue et l’anacarde, forte implication des femmes et des jeunes, et démonstration de la faisabilité de la production locale d’énergie à partir de sous-produits agricoles.Les équipements développés constituent une alternative crédible au charbon et au gaz. L’utilisation de résidus locaux comme les coques d’anacarde ou d’arachide pour alimenter des séchoirs, torréfacteurs ou chaudières permet de réduire significativement les coûts énergétiques, d’améliorer l’efficacité des processus de transformation et de valoriser des déchets jusque-là peu exploités.Au-delà des gains énergétiques et économiques, ces innovations contribuent à l’amélioration de la qualité des produits, à la réduction de la pénibilité du travail et à de meilleures conditions sanitaires dans les unités de transformation, tout en renforçant la compétitivité des PME et le développement durable des territoires ruraux.Prenant la parole, Dr Ibra Touré le Directeur régional du CIRAD pour l’Afrique de l’Ouest a qualifié l’atelier de véritable retour d’expériences, soulignant la dynamique de co-construction menée avec les acteurs locaux pour répondre aux besoins énergétiques des bassins de production. Il a salué les résultats obtenus, notamment au Sénégal, avec l’implication de 17 équipementiers, 12 PME, la formation de 20 équipementiers, ainsi que l’accueil d’étudiants et de doctorants. Autant d’actions qui démontrent le potentiel de la bioénergie comme levier d’un modèle de production durable et la nécessité de son intégration dans les politiques nationales.Le représentant du recteur de l’Université Gaston Berger (UGB) M.Mamadou Abdoul Diop Vice Recteur a pour sa part, mis en exergue la synergie entre les acteurs, notamment l’UGB, l’ISRA et le CIRAD, coorganisateurs de l’atelier. Il a salué les six années de collaboration ayant permis la mise en place d’un laboratoire biomasse à l’UGB, le renforcement des capacités au sein des UFR, la formation, l’accompagnement de thèses et le développement de nouvelles compétences.Il a conclu en félicitant les entreprises et les équipementiers engagés dans les différentes filières, appelant à la pérennisation et à la mise à l’échelle des innovations issues du projet. Il a enfin transmis le message du recteur, saluant la bonne mise en œuvre de BioStar, en parfaite cohérence avec les orientations stratégiques du gouvernement du Sénégal en matière de souveraineté alimentaire, de transformation locale, de transition énergétique, de création d’emplois décents en milieu rural et de lutte contre les effets du changement climatique.Babacar sene journal Agropasteur
