Présentant les résultats lors de l’atelier de clôture, le responsable du projet, M. Frank Lecoq, a qualifié BIOSTAR de « grande et longue aventure », ayant permis de tester, adapter et déployer des équipements bioénergie dans un contexte africain marqué par un accès limité et coûteux à l’énergie, particulièrement en zone rurale.Après six ans d’expérimentation au Sénégal et au Burkina Faso, le projet BIOSTAR dresse un bilan jugé concluant : des solutions bioénergétiques concrètes, adaptées aux réalités locales, permettant aux petites et moyennes entreprises agroalimentaires de sécuriser leur accès à l’énergie tout en renforçant leur ancrage dans les territoires ruraux et périurbains.L’événement a suscité un vif intérêt parmi les participants porteurs d’innovations, équipementiers, PME, organisations interprofessionnelles (IOP) et organisations de producteurs (OP) venus présenter des solutions de pointe en matière de production énergétique. Les échanges ont confirmé que l’introduction de technologies adaptées constitue un levier essentiel pour faire des territoires ruraux de véritables pôles économiquement viables.L’énergie constitue un enjeu majeur pour les unités de transformationDans de nombreuses localités, l’énergie représente le premier poste de dépense pour les populations et les petites unités de transformation. BIOSTAR s’est ainsi attaché à proposer des alternatives durables permettant aux PME agroalimentaires de sécuriser leurs approvisionnements énergétiques tout en s’implantant durablement dans les zones rurales et périurbaines.Le projet a accompagné 16 PME pilotes, réparties à parts égales entre le Sénégal et le Burkina Faso, avec des actions de dissémination menées également en Côte d’Ivoire.Cinq filières agricoles au cœur de l’expérimentation confortent la concentration de Biostar sur cinq chaînes de valeur prioritaires :La mangue au Sénégal, avec l’entreprise Agro Saafi ;L’anacarde au Burkina Faso, grâce à une étuveuse alimentée par la combustion des coques ;Le karité au Burkina Faso, avec des innovations dans la torréfaction et la cuisson du beurre ;L’arachide au Sénégal, notamment avec les PME Kadior Céréales et And Dieuf ;Le riz, à travers la mise en place d’une centrale produisant de l’électricité par gazéification des balles de riz.Ces innovations ont permis de réduire significativement le temps de travail, d’améliorer la productivité et de mieux valoriser les sous-produits agricoles, jusque-là peu exploités.Des solutions techniques adaptées aux réalités localesPlusieurs équipements ont été développés ou adaptés dans le cadre du projet, parmi lesquels :des briquetteuses transformant les coques d’arachide en combustible ;des systèmes de cuisson optimisée pour la transformation du beurre de karité ;des installations de gazéification produisant de l’électricité à partir de biomasse ;des dispositifs de valorisation des résidus agricoles réutilisés comme source d’énergie.BIOSTAR a également favorisé l’émergence d’un véritable écosystème d’acteurs spécialisés, avec la création de bureaux d’études et l’implication d’équipementiers locaux chargés d’accompagner les entreprises dans l’adoption et la maintenance de ces technologies.Formation et diffusion pour un passage à l’échelleUn important volet de formation professionnelle a permis de renforcer les compétences locales en bioénergie, transformation agricole et maintenance des équipements. Les responsables du projet plaident désormais pour une diffusion élargie des connaissances produites, notamment à travers un accès libre aux ressources techniques afin de faciliter la réappropriation des solutions.Une vision régionale pour la bioénergie en Afrique de l’Ouest est réelle et fertile.Au-delà des résultats techniques, BIOSTAR défend une approche intégrée visant à inscrire la bioénergie dans les politiques agricoles et énergétiques régionales, tout en construisant des solutions co-conçues avec les acteurs des territoires ruraux.Selon M. Frank Lecoq et son équipe, l’intérêt croissant suscité par ces initiatives au Sénégal comme au Burkina Faso démontre que la valorisation énergétique des résidus agricoles constitue une réponse concrète aux défis d’accès à l’énergie, de compétitivité des filières et de développement local.En définitive, BIOSTAR apparaît comme une démonstration réussie de la convergence possible entre innovation agricole, transition énergétique et création d’emplois, au service d’un développement durable adapté aux réalités ouest-africaines.Babacar sene journal Agropasteur
