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La 17ᵉ session de la Conférence des Parties à la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (COP17) se prépare. Elle réunira les délégués des 197 États parties à la Convention, ainsi que des représentants des gouvernements, du secteur privé, de la société civile, des scientifiques, des peuples autochtones et des communautés locales, afin de s’attaquer à un défi mondial majeur : la perte croissante de terres fertiles et l’intensification des sécheresses.

Ces efforts reposent sur un constat largement partagé par la communauté internationale : la restauration des terres et le renforcement de la résilience face à la sécheresse sont essentiels pour protéger les sociétés et les économies, réduire les facteurs d’instabilité et prévenir les déplacements forcés des populations dans les régions les plus vulnérables.

Dans cette perspective, le Sénégal intensifie ses actions pour protéger ses écosystèmes face à la dégradation croissante des terres et aux effets récurrents de la sécheresse. Le pays renforce notamment ses initiatives en matière de restauration des écosystèmes et d’adaptation au changement climatique.

À travers plusieurs programmes nationaux et régionaux, les autorités sénégalaises, avec l’appui de partenaires techniques et financiers, s’engagent à restaurer les sols dégradés et à améliorer la résilience des communautés rurales.

Dans un contexte marqué par la variabilité climatique et la baisse des précipitations dans la zone sahélienne, la dégradation des terres constitue en effet un défi majeur pour l’agriculture et la sécurité alimentaire. L’érosion des sols, la perte de fertilité et l’avancée de la désertification affectent particulièrement les zones rurales et pastorales, où les populations dépendent fortement des ressources naturelles pour leurs moyens de subsistance.

Pour répondre à ces défis, plusieurs programmes de gestion durable des terres sont mis en œuvre. Ils reposent sur des pratiques telles que la récupération des sols dégradés, l’agroforesterie, la restauration du couvert végétal et la conservation des eaux et des sols. Des techniques éprouvées, comme les cordons pierreux, les demi-lunes ou encore la régénération naturelle assistée, contribuent à améliorer la fertilité des sols et à restaurer les terres agricoles.

Parmi les initiatives majeures figure la Grande Muraille Verte, programme panafricain visant à lutter contre la désertification dans la bande sahélienne. Au Sénégal, ce projet favorise la restauration des paysages agro-sylvo-pastoraux, la plantation d’arbres et le développement d’activités génératrices de revenus pour les populations locales.

Dans cette dynamique, plusieurs programmes soutenus par des partenaires internationaux prévoient la restauration de dizaines de milliers d’hectares de terres dégradées, tout en renforçant les capacités des communautés rurales à faire face aux effets du changement climatique.

Au-delà des actions de restauration écologique, la résilience face à la sécheresse passe également par la promotion de pratiques agricoles adaptées au climat. La diversification des cultures, l’introduction de variétés résistantes à la sécheresse et l’amélioration de la gestion de l’eau constituent autant de leviers pour sécuriser la production agricole et réduire la vulnérabilité des exploitations familiales.

Pour les experts du développement rural, la restauration des terres représente aujourd’hui un levier stratégique permettant de concilier sécurité alimentaire, protection de l’environnement et développement économique local.

Plus largement, la restauration des terres constitue un défi mondial. Chaque année, des millions d’hectares sont dégradés à travers la planète, mettant en péril la sécurité alimentaire et accentuant la vulnérabilité des populations face aux crises climatiques.

Pour le Sénégal comme pour l’ensemble des pays confrontés aux effets de la sécheresse, la restauration des terres dépasse ainsi la seule dimension environnementale. Elle représente un pilier du développement durable, de la stabilité sociale et de la prévention des crises humanitaires.

En intensifiant ses efforts dans ce domaine, le Sénégal ambitionne non seulement de restaurer ses terres dégradées, mais aussi de renforcer durablement la résilience des populations face aux sécheresses récurrentes qui affectent la région sahélienne.

Babacar Sene /babaclimat/Journal Agropasteur

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