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Le Sénégal a accueilli , pour la deuxième fois, les 5es Rencontres internationales « Lait, vecteur de développement »; un rendez-vous stratégique consacré à l’avenir de la filière laitière en Afrique. Une rencontre qui a réuni chercheurs, décideurs publics, producteurs, transformateurs et partenaires techniques et financiers autour des enjeux de souveraineté alimentaire, de nutrition et de développement économique.Représentant le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, le professeur Abdoulaye Dieng a réaffirmé la volonté du gouvernement sénégalais de faire du lait local un pilier de la souveraineté alimentaire, de la création d’emplois et du développement rural durable.Une rencontre internationale de haut niveau organisée en la présence du Directeur général de Institut sénégalais de recherches agricoles IDRA lors de l’ouverture et du Directeur régional du Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement à Dakar, ainsi que de représentants de Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE), d’Agreenium, de Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, de Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, ainsi que de nombreux experts et acteurs du secteur.Une occasion pour le Pr de souligner que cette rencontre scientifique, technique et politique constitue une plateforme majeure de réflexion sur une filière au cœur des priorités nationales , la souveraineté alimentaire, la modernisation de l’élevage, l’insertion économique des femmes et des jeunes, ainsi que la résilience des territoires ruraux.Une filière à fort potentiel économique et social de l’avis du représentant du ministre car le lait ne se résume pas à un simple produit alimentaire mais il joue un rôle essentiel dans la nutrition des populations, génèrant des revenus quotidiens pour les familles d’éleveurs, soutenant également les activités économiques des femmes tout en offrant de nombreuses opportunités d’emploi aux jeunes dans les domaines de la collecte, de la transformation, de la distribution et des services vétérinaires.Revenant sur la consommation de lait au Sénégal, Pr Dieng l’estime à environ 35 kilogrammes par habitant et par an, un niveau encore inférieur aux recommandations internationales. Malgré une demande en forte croissance, la production locale ne couvre qu’environ 38 % des besoins nationaux. Entre 60 % et 70 % de la consommation restent ainsi satisfaits par les importations, principalement sous forme de poudre de lait, pour une facture annuelle dépassant 65 milliards de francs CFA.Face à cette forte dépendance, le gouvernement sénégalais entend inverser durablement la tendance. La Stratégie nationale de souveraineté alimentaire 2024-2028 prévoit de porter la part de la production locale à 73 % de la consommation nationale d’ici à 2028.Pour atteindre cet objectif, l’État prévoit notamment la mise en place de 500 fermes laitières, de 1 000 mini-fermes, de 5 000 bergeries destinées aux femmes et aux jeunes, ainsi que l’aménagement de 25 000 hectares de cultures fourragères.Sept priorités pour transformer durablement la filière.Le Pr Abdoulaye Dieng a présenté les sept axes stratégiques retenus par le gouvernement :sécuriser l’alimentation du cheptel grâce au développement des cultures fourragères et des banques d’aliments pour bétail ;améliorer la productivité et la santé animale par la génétique, l’insémination artificielle et le renforcement des services vétérinaires ;développer les infrastructures de collecte, de refroidissement et de transformation ;garantir un marché rémunérateur aux producteurs ;favoriser l’inclusion économique des femmes et des jeunes ;mobiliser la recherche et l’innovation ;consolider la gouvernance de la filière et renforcer les organisations professionnelles.La recherche et l’innovation au cœur de la stratégie; avant d’insister sur le rôle déterminant de la recherche scientifique dans la transformation durable de la filière laitière. Il a salué les contributions de l’ISRA, du CIRAD, de l’INRAE, d’Agreenium, de International Livestock Research Institute et des universités, dont les travaux permettent de développer des solutions adaptées aux réalités des systèmes pastoraux et agropastoraux africains.Une ambition régionale pour l’Afrique de l’Ouest au-delà du Sénégal où les défis liés à la dépendance aux importations, au changement climatique et à l’urbanisation concernent l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest. Le Pr Dieng a plaidé pour une réponse concertée à l’échelle régionale, à travers la CEDEAO, afin de renforcer les échanges scientifiques, les investissements et les politiques commerciales favorables au lait local.« Le lait local est un produit d’avenir »En clôturant son intervention, le représentant du ministre a rappelé que le lait local constitue un levier stratégique pour bâtir une agriculture et un élevage mieux intégrés, une économie rurale plus dynamique et une nutrition plus saine.Il a exprimé le souhait que les travaux de Saly débouchent sur des recommandations concrètes et ambitieuses, capables d’accélérer la transformation de la filière laitière au Sénégal et dans l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest.Babacar sene journal Agropasteur

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