Un atelier régional d’échanges et de consolidation des résultats nationaux sur l’implémentation de la méthodologie améliorée du bilan fourrager et alimentaire se tient du 5 au 7 mai 2026 dans la capitale mauritanienne. Cette rencontre stratégique réunit les six pays du Projet régional d’appui au pastoralisme au Sahel (PRAPS) autour d’un enjeu central , mieux anticiper les déficits alimentaires du bétail grâce à des outils innovants.Organisé autour de l’utilisation de l’outil « Feed Balance Sheet », cet atelier vise à harmoniser et consolider les données nationales relatives à la disponibilité en ressources fourragères et alimentaires. Développé conjointement par le CIRAD et la FAO, cet outil scientifique au service des politiques pastoralespermet d’évaluer de manière rigoureuse les équilibres entre l’offre en biomasse fourragère et les besoins du cheptel.Dans un contexte marqué par la variabilité climatique, la pression croissante sur les ressources naturelles, la croissance démographique et les conflits d’usage, la disponibilité de données fiables apparaît comme un levier essentiel pour orienter les politiques publiques.Le « Feed Balance Sheet » s’inscrit précisément dans cette dynamique. Il offre aux décideurs un instrument d’aide à la décision permettant d’anticiper les déficits, de prévenir les crises pastorales et de mieux planifier les interventions. Au-delà de son apport technique, cet outil traduit une volonté plus large de transformation durable des systèmes d’élevage, fondée sur la science, la donnée et l’innovation.Mis en œuvre dans six pays sahéliens – Sénégal, Mali, Mauritanie, Niger, Tchad et Burkina Faso le PRAPS catalyseur d’une approche régionale joue un rôle clé dans la diffusion et l’appropriation de cette méthodologie.Les résultats présentés par les différentes délégations nationales mettent en évidence une forte variabilité de la disponibilité en biomasse fourragère, selon les saisons, les pays et même les régions à l’intérieur d’un même territoire. De manière générale, les analyses montrent un excédent en période hivernale et un déficit en saison sèche dans l’ensemble des pays étudiés.Ces disparités soulignent la nécessité d’une approche concertée à l’échelle régionale pour mieux gérer les ressources pastorales et prévenir les tensions liées à leur accès.Les discussions engagées à Nouakchott mettent en lumière l’importance de renforcer les systèmes d’information agro-pastoraux et de développer des stratégies nationales et régionales en matière d’alimentation du bétail. L’atelier vise ainsi à aboutir à la co-construction d’une feuille de route régionale intégrant les enjeux de planification, de financement et de gouvernance.La mise à l’échelle du « Feed Balance Sheet » constitue l’une des priorités identifiées. Elle passera notamment par son amélioration continue et sa digitalisation afin de répondre aux besoins des utilisateurs et d’assurer une diffusion plus large de l’outil.Une mobilisation des acteurs du développement pastoralLa cérémonie d’ouverture a été marquée par les interventions de plusieurs partenaires techniques et financiers, dont la Banque mondiale, la FAO, le CILSS et le CIRAD, représenté par son directeur régional, le Dr Ibra Touré.Outre les délégations des pays du PRAPS, l’atelier enregistre la participation d’institutions régionales et nationales telles que le Centre régional AGRHYMET, le Centre de Suivi écologique, ainsi que des organisations de producteurs et des instituts de recherche spécialisés dans l’élevage.Les travaux de groupe ont permis d’identifier des partenariats potentiels et des sources de financement pour soutenir le déploiement de cet outil à l’échelle régionale.Babacar sene journal Agropasteur
