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De New Delhi à l’agriculture, la Déclaration des dirigeants des BRICS place la résilience climatique au cœur du développement La 18e édition du sommet des BRICS, organisée en Inde, aura surtout été marquée par une volonté d’articuler climat, développement économique, sécurité alimentaire, énergie, commerce et financement. À travers la Déclaration de New Delhi, les pays membres et partenaires du groupe entendent inscrire la résilience climatique dans une approche plus large du développement des économies émergentes.

Réunissant 11 membres et 10 pays partenaires, les BRICS représentent, selon les données avancées dans la déclaration, près de la moitié de la population mondiale, 40 % du PIB mondial et 26 % du commerce international. Au terme de plus de 400 réunions organisées sous la présidence indienne, le groupe affirme une ambition : renforcer la coopération entre économies du Sud et leur capacité à faire face aux transformations climatiques et économique                La Déclaration de New Delhi opère un rapprochement entre action climatique et développement. La résilience n’est plus considérée comme une question exclusivement environnementale. Elle est désormais associée à la politique industrielle, aux infrastructures, aux chaînes d’approvisionnement, à l’énergie, au financement, à l’assurance et à la sécurité alimentaire.

Les BRICS accordent ainsi une place importante à l’adaptation, aux systèmes d’alerte précoce, à la prévention des catastrophes et à la construction d’infrastructures capables de résister davantage aux chocs climatiques.

Cette orientation prend une résonance particulière pour les pays en développement, confrontés simultanément aux effets du changement climatique, aux contraintes financières et aux besoins importants d’investissement dans leurs économies.

La question du financement apparaît comme l’un des principaux axes de la déclaration. Les BRICS identifient notamment le poids de la dette comme un frein aux investissements nécessaires à l’adaptation et à la transition.

Le groupe appelle ainsi à élargir les possibilités de financement pour les économies en développement, notamment à travers la mobilisation de la Nouvelle Banque de développement, les prêts en monnaies locales et les investissements dans les infrastructures.

Les dirigeants demandent également aux pays développés de renforcer leur soutien financier à l’adaptation, mais aussi le transfert de technologies et le renforcement des capacités.

Pour le monde agricole, la déclaration contient plusieurs orientations importantes. Les BRICS mettent en avant la nécessité de disposer de systèmes semenciers résilients à la sécheresse et adaptés au changement climatique, de renforcer les réserves alimentaires et de sécuriser les chaînes d’approvisionnement.

L’agroécologie et l’agriculture régénérative figurent également parmi les pistes de coopération évoquées pour améliorer la résilience climatique et la productivité.

Cette orientation traduit une préoccupation devenue centrale pour de nombreux pays du Sud : comment assurer la production alimentaire dans un contexte marqué par les sécheresses, les événements climatiques extrêmes, les perturbations des marchés et la volatilité des prix ?

La Déclaration de New Delhi lie également transition énergétique et industrialisation. Les BRICS souhaitent renforcer la coopération autour des minéraux critiques, de l’hydrogène, de l’énergie solaire, des réseaux intelligents et du stockage de l’énergie.

Une attention particulière est accordée à la création de valeur ajoutée dans les pays producteurs de ressources. L’objectif affiché est de favoriser une participation plus importante des pays en développement aux activités industrielles à forte valeur ajoutée, à travers les investissements, les transferts de technologies et la coopération industrielle.

Pour les économies africaines riches en ressources naturelles, cette orientation pose directement la question de la transformation locale et de la capacité à tirer davantage de valeur économique des ressources disponibles.

La déclaration prend également position sur les relations entre commerce et climat. Les BRICS contestent les mécanismes d’ajustement carbone aux frontières lorsqu’ils les considèrent comme unilatéraux, discriminatoires ou protectionnistes.

Ils estiment que certaines mesures commerciales prises au nom de la protection de l’environnement peuvent fragiliser les économies en développement, perturber les chaînes d’approvisionnement et réduire leur capacité à financer leur adaptation.

Le groupe défend parallèlement le renforcement du système commercial multilatéral et appelle notamment au rétablissement d’un mécanisme efficace de règlement des différends au sein de l’Organisation mondiale du commerce.

Au-delà du climat et de l’économie, la Déclaration de New Delhi porte une revendication plus large : donner davantage de poids aux pays émergents dans les institutions internationales.

Les BRICS demandent une meilleure représentation des pays en développement au sein des Nations unies, du FMI et de la Banque mondiale. Ils souhaitent également une réforme de la répartition des droits de vote et du capital de ces institutions afin de mieux tenir compte du poids croissant des économies émergentes.

La présence de l’Union africaine au G20 est également réaffirmée dans la déclaration, tout comme le rôle de l’Afrique du Sud au sein de cette instance.

Au fil des 45 pages de la déclaration, un fil conducteur se dessine : la résilience doit être économique, climatique, énergétique, alimentaire et commerciale.

Pour les BRICS, la transition ne saurait être dissociée des réalités économiques et sociales des pays en développement. Le groupe insiste sur le principe des responsabilités communes mais différenciées et sur le droit de chaque pays à définir sa propre trajectoire de développement.

La Déclaration de New Delhi ouvre ainsi plusieurs chantiers de coopération : adaptation climatique, financement, agriculture résiliente, agroécologie, sécurité alimentaire, énergie solaire, hydrogène, infrastructures, chaînes d’approvisionnement et transformation industrielle.

Reste désormais la question de la mise en œuvre. Comme le soulignent plusieurs experts cités dans l’analyse de la déclaration, l’enjeu sera de traduire ces orientations en actions concrètes, notamment face à l’intensification des impacts climatiques.

Pour les pays du Sud, et particulièrement pour l’Afrique, le message est clair : la bataille climatique se joue désormais autant dans les champs, les marchés et les chaînes de valeur que dans les négociations internationales.

Babaclimat Journal Agropasteur

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