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Le sommet des BRICS, organisé sous la présidence indienne, s’est achevé par l’adoption d’une déclaration commune des onze États membres. Dans un contexte international marqué par les tensions géopolitiques, les recompositions commerciales et l’urgence climatique, le texte entend réaffirmer les priorités des économies émergentes et en développement.
À New Delhi, les BRICS ont notamment placé au cœur de leurs échanges les questions de développement, de climat, de commerce et de sécurité énergétique. Pour les pays du Sud, l’enjeu est désormais de concilier la transition écologique avec les impératifs d’industrialisation, de croissance et de création d’emplois.La Déclaration de New Delhi exprime notamment une opposition aux mesures commerciales climatiques unilatérales, parmi lesquelles figurent les mécanismes d’ajustement carbone aux frontières.Pour plusieurs économies émergentes, ces dispositifs peuvent constituer un défi supplémentaire pour les exportations des pays en développement, confrontés à des capacités industrielles et financières souvent limitées pour engager leur décarbonation.Le débat dépasse ainsi la seule question environnementale : il touche directement à la compétitivité des économies du Sud et à leur capacité à accéder aux marchés internationaux.Le financement climatique au cœur des préoccupationsAutre priorité affichée à New Delhi : le renforcement du financement climatique et la recherche de solutions à la question de la dette.La déclaration met également en avant le recours accru aux prêts en monnaies locales, une orientation susceptible de réduire, pour les économies émergentes, certaines vulnérabilités liées aux fluctuations des grandes monnaies internationales.Pour l’Afrique, où les besoins de financement de l’adaptation au changement climatique restent considérables, ces orientations revêtent une importance particulière.La déclaration accorde également une place importante à la création de valeur autour des ressources stratégiques et des nouvelles technologies énergétiques.Minerais critiques, énergie solaire, hydrogène, réseaux intelligents et solutions de stockage figurent parmi les secteurs identifiés comme pouvant contribuer à une nouvelle dynamique industrielle.Pour les pays africains riches en ressources minières, le défi consiste notamment à dépasser l’exportation de matières premières brutes pour développer davantage de transformation et d’industries locales.L’objectif affiché est de favoriser une participation accrue des pays en développement aux chaînes de valeur mondiales et de renforcer la compétitivité de leurs industries.La dimension climatique de la déclaration se prolonge également par un soutien à l’Éthiopie pour la présidence de la COP32.Cette perspective place une nouvelle fois les enjeux africains au centre de la diplomatie climatique internationale, alors que le continent fait face à des défis majeurs liés à la sécheresse, à la dégradation des terres, à la sécurité alimentaire, à l’accès à l’énergie et au financement de l’adaptation.Au-delà des engagements sectoriels, le message porté depuis New Delhi est celui d’une transition énergétique et climatique qui ne dissocie pas environnement et développement.Les BRICS défendent ainsi une approche dans laquelle croissance économique, industrialisation, sécurité énergétique et résilience climatique doivent avancer de manière simultanée, en tenant compte des réalités propres aux économies émergentes et aux pays en développement.Pour l’Afrique, cette orientation ouvre un débat essentiel : comment accélérer la transition climatique tout en construisant des économies capables de transformer localement leurs ressources, de créer des emplois et de renforcer leur souveraineté énergétique et industrielle ?La Déclaration de New Delhi apporte des éléments de réponse, mais pose surtout les termes d’un nouveau rapport entre transition climatique et développement dans les pays du Sud. Babaclimat Journal Agropasteur 

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