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Derrière les données, les licences et les discours sur la bonne gouvernance, que sait-on réellement de l’exploitation des ressources halieutiques ?alors que le monde évolue vers une économie de Pêche juste et transparent .il faut de bonnes interactions entre les acteurs les entreprises les écosystèmes de pêches ou la mise en synergie d’action et la mutualisation des moyens est un impératif pour aller résolument vers la transparence l’accessibilité la responsabilisation et la participation .Il existe des aspects très sombres révélés lors de l’atelier sur la transparence avec les journalistes tenu à Mbour les 25 et 26 septembre organisé par EFJ et ses partenaires œuvrant pour la protection de l’environnement et la défense des droits humains et l’accompagnement des communautés dans la promotion d’une gouvernance équitable et durable des ressources , pour renforcer les capacités des journalistes pour leur permettre à travers des reportages des investigations de découvrir de documenter , de diffuser et de partager sur les enjeux de la transparence de la pêche .il y a effectivement des pratiques très sombres dans l’industrie de pêche dans les pêcheries sur les navires de pêche, la réglementation, les services de pêches l’obtention des licences de pêche les immatriculation des navires et les équipements de contrôle et de surveillance les ressources humaines le transbordement les questions d’équité et de consentement des acteurs autant de questions dont leur résolution contribue d’aller vers une pêche propre et durable .Il y a la transparence que l’on affiche et celle que l’on peut réellement vérifier. Entre les deux se trouve une zone grise où se jouent pourtant l’avenir des ressources halieutiques, les intérêts économiques, les droits des communautés de pêcheurs et la durabilité des océans.Dans le secteur de la pêche, la transparence est devenue un mot incontournable. Elle figure dans les discours, les politiques publiques, les engagements internationaux et les mécanismes de gouvernance. La Charte mondiale pour la transparence des pêches, avec ses dix principes, constitue à cet égard un cadre de référence important.Mais une question mérite d’être posée sans détour : sommes-nous réellement transparents parce que nous publions des informations, ou sommes-nous transparents lorsque ces informations permettent effectivement à la société de comprendre, de contrôler et de demander des comptes ?C’est toute la différence entre transparence documentaire et transparence opérationnelle.Des données existent. Mais peuvent-elles être vérifiées ? Sur le papier, les informations relatives à la pêche peuvent sembler nombreuses : licences, navires, captures, débarquements, zones de pêche, statistiques, autorisations, réglementation, activités industrielles…Mais la disponibilité d’une donnée ne garantit pas nécessairement sa qualité.Une donnée peut être publiée sans être régulièrement mise à jour. Elle peut être accessible mais difficilement exploitable. Elle peut exister dans plusieurs bases sans toujours permettre une lecture consolidée de la situation.La vraie question est donc moins : « Existe-t-il des données ? » que : « Peut-on les croiser, les vérifier et les actualiser pour comprendre ce qui se passe réellement en mer ? »C’est ici que commence le véritable travail d’investigation pour savoir qui pêche ? Où ? Avec quelle autorisation ?Derrière chaque bateau se trouve une histoire administrative, économique et juridique.Un navire a-t-il une autorisation de pêche valide ? Dans quelle zone opère-t-il ? Pour quelles espèces ? Avec quels engins ? Quelle quantité peut-il légalement capturer ? Ses activités correspondent-elles aux informations disponibles dans les registres ?Ces questions paraissent simples. Elles sont pourtant essentielles pour comprendre la pression exercée sur la ressource.La transparence doit permettre de suivre le bateau, mais aussi son activité. Car connaître le nom d’un navire ne suffit pas. Il faut pouvoir comprendre son statut, ses autorisations, ses activités déclarées et, lorsque les informations sont disponibles, les liens entre l’exploitation de la ressource et les acteurs économiques qui en tirent profit.C’est probablement sur le terrain de la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN) que la transparence révèle le mieux ses forces… et ses limites.La pêche INN prospère précisément là où les systèmes de surveillance, de contrôle, de déclaration et de traçabilité présentent des failles.Pour lutter contre elle, il faut pouvoir établir des correspondances entre plusieurs informations : activité des navires, autorisations, positions, captures déclarées, débarquements, inspections et sanctions éventuelles.Une information isolée peut être peu significative.Un navire présent dans une zone où il n’est pas autorisé à pêcher. Des captures déclarées qui interrogent au regard de l’effort de pêche. Une activité industrielle dont la traçabilité soulève des questions. Des sanctions dont le suivi reste difficile à documenter.Ce sont précisément ces croisements qui donnent à la transparence sa véritable portée.La gouvernance des ressources halieutiques ne s’arrête pas au bateau.Elle commence en mer et se poursuit à terre : débarquement, mareyage, transformation, conservation, exportation, consommation.Entre la ressource prélevée dans l’océan et le produit qui arrive sur le marché, plusieurs acteurs interviennent.Et surtout : les informations disponibles permettent-elles de retracer suffisamment le parcours du produit pour garantir son origine et la légalité de son exploitation ?La traçabilité devient alors une composante essentielle de la transparence.Autre zone à explorer : le rapport entre les capacités industrielles et l’état des ressources.La question n’est pas de désigner un acteur comme responsable par principe. Elle consiste à documenter les mécanismes qui permettent de mettre en relation capacité de pêche, effort de pêche, volumes capturés et état des stocks.Si la ressource diminue, comment les décisions de gestion évoluent-elles ?Si la pression augmente, quels mécanismes permettent de l’ajuster ?Et lorsque des décisions sont prises, sur quelles données scientifiques reposent-elles ?La gouvernance durable exige que les décisions puissent être comprises et que leurs fondements soient accessibles.Il existe une autre dimension souvent moins visible : la transparence des décisions publiques.Qui décide de l’accès à la ressource ? Selon quels critères ? Sur la base de quelles données scientifiques ? Comment les différentes catégories d’acteurs sont-elles prises en compte ? Comment les décisions sont-elles évaluées après leur mise en œuvre ?Ces questions touchent directement à la gouvernance car gérer une ressource naturelle ne consiste pas seulement à appliquer une réglementation. C’est aussi arbitrer entre des intérêts économiques, sociaux et environnementaux parfois contradictoires. Les communautés de pêcheurs : sont les premiers témoins de la réalité Sur les quais et dans les villages de pêcheurs, une autre source d’information existe : la mémoire et l’expérience des communautés. Les pêcheurs observent l’évolution des espèces, des zones de pêche, des distances parcourues, des tailles des poissons et des conditions de travail. Leurs témoignages ne remplacent évidemment pas les données scientifiques ou administratives. Mais ils constituent une source précieuse pour confronter les statistiques à la réalité du terrain. Que disent les chiffres ? Que disent les pêcheurs ? Et où se situent les éventuels écarts ?Au fond, l’enjeu dépasse largement la publication de données .Il concerne la capacité d’un pays à connaître, contrôler et préserver sa propre ressource. Une ressource que l’on ne peut pas mesurer correctement, dont l’exploitation ne peut pas être suffisamment suivie et dont les chaînes de valeur restent difficiles à documenter devient une ressource vulnérable. Elle doit permettre la redevabilité, renforcer le contrôle citoyen, améliorer la gouvernance et contribuer à la protection des ressources pour les générations futures. La question qui reste Combien de choses savons- nous réellement sur ce qui se passe dans nos eaux, et combien restent encore dans l’ombre ?C’est là que commence la face cachée de la transparence. Et c’est peut-être aussi là que se joue l’avenir d’une pêche propre, responsable et durable. Babaclimat journal Agropasteur

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