Le Sénégal et la Guinée-Bissau ont signé un accord de coopération portant sur la conservation et la gestion intégrée de la zone côtière transfrontalière Cacheu-Basse- Casamance, avec l’ambition de créer une réserve de biosphère transfrontière à Bissau ce 30 octobre 2026.L’accord a été signé par le ministre sénégalais de l’Environnement et de la Transition écologique, Dr Aliou Gori Diouf, et son homologue bissau-guinéen, Dr Carlos Pinto Pereira.Il vise à établir un cadre juridique et institutionnel permettant aux deux pays de renforcer leur coopération en matière de conservation de la biodiversité et de gestion durable des écosystèmes côtiers et estuariens communs.Le périmètre d’étude couvre, notamment, côté bissau-guinéen, la région de Cacheu et ses espaces naturels associés, et côté sénégalais, la Basse-Casamance ainsi que plusieurs aires protégées et aires marines protégées.Selon l’accord, les deux pays considèrent que les écosystèmes côtiers et estuariens de cette zone constituent un ensemble écologique continu, notamment à travers les massifs de mangroves, les bolongs, les vasières et les habitats de plusieurs espèces migratrices.La coopération vise à assurer à la fois la conservation des paysages, des écosystèmes et des espèces, le développement économique et humain durable des territoires concernés, ainsi que le renforcement de la recherche, du suivi écologique, de l’éducation environnementale et de la formation.Le Sénégal et la Guinée-Bissau ont retenu le principe d’une candidature transfrontière conjointe au Programme sur l’Homme et la biosphère de l’UNESCO.Les deux pays prévoient, notamment, de réaliser une étude de faisabilité, de définir un zonage conjoint et d’élaborer un plan de gestion commun avant la constitution et le dépôt d’un dossier unique de candidature.L’accord prévoit, également, la mise en place d’un dispositif institutionnel composé , notamment, d’un Conseil ministériel conjoint, d’une Commission bilatérale de gestion, d’un Secrétariat conjoint permanent, de points focaux nationaux et d’un Comité scientifique et technique conjoint.Les communautés locales occuperont une place importante dans ce dispositif. Des cadres locaux de concertation seront institués afin d’associer les communautés riveraines, les organisations professionnelles, les collectivités territoriales, les autorités coutumières et religieuses, les services techniques et les organisations de la société civile.La coopération prévoit également une surveillance coordonnée du périmètre de la future réserve, avec la possibilité de mettre en place des patrouilles mixtes, notamment pour lutter contre la coupe illicite de bois, la pêche non autorisée, le braconnage et le commerce illégal d’espèces sauvages.Les deux parties entendent aussi promouvoir des activités économiques compatibles avec les objectifs de conservation, notamment la pêche artisanale responsable, la riziculture de mangrove, l’ostréiculture, l’apiculture ainsi que la transformation et la valorisation des produits forestiers non ligneux.Une stratégie commune d’écotourisme est également envisagée, avec l’objectif de valoriser le patrimoine naturel et culturel et de favoriser un retour équitable des bénéfices au profit des communautés riveraines.L’accord prévoit enfin la recherche de financements auprès des partenaires techniques et financiers, des fonds internationaux pour l’environnement et des mécanismes régionaux, ainsi que l’étude d’un mécanisme financier durable dédié à la future réserve ou son adossement à un fonds fiduciaire existant.La feuille de route prévoit l’installation du dispositif technique au premier trimestre suivant la signature, une étude de faisabilité dans les douze mois, les consultations territoriales dans les dix-huit mois, puis ql’adoption du zonage et du plan de gestion conjoint dans un délai indicatif de vingt-quatre mois.Le dossier unique de candidature transfrontière devrait être transmis au Secrétariat du Programme sur l’Homme et la biosphère dans un délai indicatif de trente mois suivant la signature.Par Babou Biram FAYE
