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Face aux défis environnementaux et économiques croissants, l’agriculture régénérative s’impose comme une alternative crédible pour renforcer la résilience climatique, restaurer les écosystèmes dégradés et promouvoir une prospérité durable au Sénégal. En Casamance, cette approche innovante fait l’objet d’un projet pilote ambitieux, porté par des acteurs locaux engagés en faveur d’une agriculture durable.Le contexte mondial du changement climatique se caractérise par une hausse continue des températures et une pluviométrie de plus en plus imprévisible, affectant fortement les systèmes agricoles. Chaque année, plus de 12 millions d’hectares de terres sont perdus à cause de la désertification, tandis que la biodiversité continue de s’éroder avec l’extinction d’espèces et la réduction des services écosystémiques. Cette situation compromet la sécurité alimentaire, notamment à travers la baisse de la densité nutritionnelle des cultures.Au Sénégal, les défis sont particulièrement préoccupants. On estime que 30 à 50 % des terres agricoles sont dégradées, ce qui affecte non seulement les rendements, mais aussi la qualité nutritionnelle des aliments en raison de la dégradation de la santé des sols. À ces contraintes environnementales s’ajoutent de fortes pressions économiques, marquées par une dépendance croissante aux importations alimentaires et par des opportunités d’emploi limitées pour les jeunes en milieu rural.L’année 2019 a marqué un tournant dans la prise de conscience collective face à la désertification et à la perte de biodiversité. À partir de 2020, des discussions ont été engagées avec des acteurs locaux afin de promouvoir l’agriculture régénérative. Ces échanges ont abouti, en 2021, à la soumission d’une étude de faisabilité pour un financement auprès du Fonds vert pour le climat. En 2023, face aux contraintes de financement, la décision a été prise de s’autofinancer et de lancer le projet pilote à petite échelle en Casamance.L’agriculture régénérative repose sur des principes visant à travailler avec la microbiologie des écosystèmes plutôt que de les contrôler. Elle s’appuie sur des pratiques clés telles que la protection de la vie microbienne des sols et l’augmentation de la biodiversité, afin d’améliorer la productivité agricole, restaurer les terres dégradées et produire des aliments plus nutritifs.La mise en œuvre du projet pilote repose sur la création d’une Coopérative d’Agriculture Régénérative. Son modèle économique s’appuie sur l’exploitation de terres louées par la coopérative pour générer des revenus, dont 50 % sont redistribués aux communautés locales. Un plan de croissance progressif est également prévu, démarrant sur une superficie initiale de 50 hectares avec une ambition d’extension pouvant atteindre 50 000 hectares. Chaque phase d’expansion permettra d’accroître les rendements et les revenus, favorisant ainsi le réinvestissement.Au-delà des impacts locaux, l’agriculture régénérative offre des bénéfices à l’échelle nationale. Elle contribue au renforcement de la sécurité alimentaire, à la réduction de la dépendance aux importations, au développement économique des zones rurales et à la limitation de la migration des jeunes. Elle participe également à l’amélioration de la santé des populations, grâce à un meilleur accès à des aliments sains et nutritifs.

Babaclimat/journal Agropasteur 

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