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Les participants au Cours régional sur la dimension holistique de l’agroécologie en Afrique ont effectué une visite pédagogique à la ferme agroécologique de l’Association BEO NEERE, située à Loumbila, dans la périphérie de Ouagadougou. Cette immersion de terrain s’inscrit dans le cadre des activités pratiques du cours, visant à renforcer la compréhension des principes et des pratiques de l’agroécologie appliquée.La ferme BEO NEERE est une ferme-école de formation, de production et de recherche appliquée, qui œuvre pour la promotion d’une agriculture durable, résiliente et respectueuse de l’environnement. En collaboration avec l’Association des femmes de Nioko 2, elle promeut une agroécologie axée sur l’autonomie des producteurs, la souveraineté alimentaire et la valorisation des savoirs locaux, à travers des approches intégrées de gestion des ressources naturelles et de production durable.Une vision née d’un parcours de résilience sous l’initiative BEO NEERE de son père fondateur, ancien pratiquant de l’agriculture conventionnelle, reconverti vers l’agroécologie après une période de doutes et de remise en question. Le projet a démarré sur une superficie modeste de 1 000 m², marquée par de nombreuses difficultés, notamment l’accès au marché des légumes.En 2016, l’acquisition de deux hectares a permis d’amorcer un véritable tournant. Malgré des moyens limités, des solutions innovantes ont été mises en œuvre : creusement d’un puits, installation de bassins, mobilisation de jeunes formés sur place. Progressivement, la production s’est intensifiée et améliorée en qualité, répondant à une demande croissante des consommateurs.Face à l’engouement suscité, l’Association BEO NEERE a été officiellement créée, fédérant des groupes de paysans, pour la plupart analphabètes, mais fortement engagés. Cette dynamique collective a posé les bases d’un modèle agroécologique inclusif et durable.La relève du projet est aujourd’hui assurée par le fils du fondateur, qui, après des études en droit, a choisi de se consacrer pleinement à l’œuvre de son père. Formé notamment au Togo lors d’une formation de formateurs, dont il est sorti major, il coordonne désormais les activités avec détermination et professionnalisme.Grâce à ses réseaux et à ses partenariats, il a impulsé une nouvelle dynamique de formation et d’expansion. À ce jour, neuf centres agroécologiques ont été mis en place au Burkina Faso, témoignant de l’ampleur croissante du projet.Un centre intégré au service de la transition agroécologique telle est la vocation de la ferme BEO NEERE structurée en plusieurs espaces : zones de vie, magasins de stockage d’intrants, unités agroécologiques, espaces de productions végétales et animales, unités de transformation et de production de semences potagères. Les semences, produites sur place, sont à la fois utilisées au sein de la ferme et commercialisées.La formation y est permanente. Chaque semaine, de nombreux groupes viennent se former, avec plus de 1 000 personnes formées par mois et plus de 500 visiteurs réguliers. La ferme accueille également des stagiaires et dispose d’une boutique pour la vente de produits, de serres pour les cultures exotiques et d’activités d’élevage destinées à renforcer les moyens de subsistance.La maîtrise du système semencier y atteint près de 90 %, avec une grande diversité de semences, adaptée aux trois saisons du pays (sèche, froide et chaude). La ferme mise également sur la maîtrise de l’eau, l’utilisation d’énergies locales et la valorisation des résultats de recherche, afin de démontrer, preuves à l’appui, la viabilité de l’agroécologie.Pour Razak, coordinateur du centre, « l’agroécologie peut bel et bien nourrir son homme », rappelant que « la santé se trouve dans nos assiettes ».Une expérience enrichissante pour les apprenants qui au cours de la visite ont découvert les différentes installations, échangé avec les responsables et apprécié les résultats concrets obtenus en matière de production, de formation et d’innovation locale.Cette immersion à la ferme BEO NEERE qui signifie « Avenir meilleur » en langue locale a permis de consolider les apprentissages théoriques du cours et de mettre en lumière le rôle stratégique des fermes-écoles dans la transition agroécologique en Afrique. Le site, qui a démarré avec un investissement inférieur à un million de francs CFA, génère aujourd’hui des retombées estimées entre 100 et 500 millions de FCFA, grâce à des investissements orientés vers des activités agroécologiques concrètes.Des témoignages forts et porteurs d’espoir ont clôturé la visite.Prenant la parole, Mme Pauline Zei, Point focal régional de la COPAGEN, en présence du Point focal national COPAGEN Burkina Faso, a remercié les responsables de BEO NEERE au nom des apprenants. Elle a salué « une expérience riche d’enseignements, qui permet à certains de se reconvertir, à d’autres de renforcer leurs pratiques ou de se réorienter ».Revenant sur l’esprit du cours régional, elle a rappelé cette citation :« Toute rencontre appelle une dislocation et une reconstruction ; chacun s’y voit en termes de changement ou d’adoption, pour que l’agriculture ait un avenir meilleur. »En clôture de la visite, le père fondateur a exprimé toute sa satisfaction d’accueillir les apprenants et de partager avec eux son parcours, son expérience et sa vision d’une agroécologie au service des populations

Babacar Sene Journal Agropasteur(COPAGEN SENEGAL)

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