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L’Association Sénégalaise pour le Leadership des Femmes dans l’Agriculture et l’Environnement (ASELFAE) a organisé, ce mercredi 22 octobre 2025, sa deuxième animation scientifique de l’année, consacrée au thème : « Implication des femmes dans le développement de l’aquaculture pour contribuer à la sécurité alimentaire ».La rencontre, modérée par Dr Fat Cheikh Ndione Sané, a réuni chercheurs, experts, institutions publiques, partenaires techniques et professionnels du secteur.En l’absence de la présidente de l’association, Dr Fatima Dia, le mot d’ouverture a été prononcé par la Secrétaire générale, Mme Oumy Khaïry Ndiaye, qui a rappelé les objectifs scientifiques poursuivis par ASELFAE depuis 2022.La session a été introduite par deux spécialistes reconnus :• Mme Sène Amy Collé Gaye, experte halieutique et aquacole, ancienne cadre de l’ANA et actuelle administratrice nationale du programme FISH4ACP – FAO.• M. Ablaye Soungué, économiste, spécialiste en projets aquacoles, Responsable du Développement et de la Promotion des Investissements à l’ANA et enseignant vacataire à l’UCAD et l’UGB.Ils ont présenté une analyse en six points portant sur les enjeux, les contraintes, le rôle des femmes, les besoins et les recommandations pour renforcer leur autonomisation dans le secteur.Les experts ont rappelé que l’aquaculture représente une réponse stratégique à la rareté croissante du poisson sauvage, aux effets du changement climatique et aux besoins alimentaires d’une population en forte croissance.Ils ont souligné le rôle central mais encore sous-valorisé des femmes dans la production, la transformation, la commercialisation, la gestion des ressources alimentaires familiales, l’adoption de pratiques durables.Leur contribution touche directement les quatre piliers de la sécurité alimentaire :disponibilité, accessibilité, stabilité et utilisation des aliments.Les intervenants ont relevé plusieurs freins majeurs l’accès limité à la terre, aux intrants et au crédit ; le manque d’infrastructures adaptées ;le faible accompagnement technique, notamment lors des relances de campagne ; la surcharge de responsabilités domestiques ;la faible reconnaissance du travail informel ; les restrictions à la mobilité ;l’accès insuffisant aux technologies et innovations.Les experts ont insisté sur une formation technique renforcée, adaptée aux réalités du terrain un accompagnement entrepreneurial structuré ; un soutien à la structuration collective ; une meilleure représentation des femmes dans la gouvernance du secteur.Parmi les mesures prioritaires proposées il s’agira de Développer l’accès au financement, disposer mécanismes de microcrédit, des fonds rotatifs, de subventions ciblées ; de garanties de prêts flexibles ; de micro-leasing d’équipements aquacoles mais aussi de .Simplifier et d’encourager la formalisationDe procéder à la réduction des coûts administratifs ; d’assurer la reconnaissance juridique des groupements féminins., de Promouvoir le leadership féminin ,notamment les quotas dans les instances décisionnelles ; le mentorat ; la création de réseaux de femmes leaders, d’. Intégrer systématiquement le genre dans les politiques publiques, les aménagements aquacoles, licences, investissements, budgets programmes. Et de Renforcer les partenariats en favorisant d’une collaboration accrue entre ANA, FAO, ONG, secteur privé et collectivités.Les panélistes ont lancé un appel fort : « Reconnaître les femmes comme moteurs de la sécurité alimentaire ».La rencontre a également débouché sur des propositions opérationnelles dont un Programme pilote “Femmes et Aquaculture Durable” à Saint-Louis et Thiès, un Partenariat ASELFAE–ANA–FAO–LBA pour formation et financement., une Intégration des filières féminines dans les agropoles Nord et Ouest., la Production d’un guide technique illustré pour l’aquaculture féminine et la . Création d’un Prix ASELFAE de l’innovation féminine en aquaculture dès 2026.Le débat a été marqué par les contributions de plusieurs professionnels, dont Mrs :Ndiaye Sarr Mbodj, Directeur du Centre professionnel de Podor et Diegane Ndong, Directeur des ressources animales et halieutiques à l’UEMOA qui ont tous confirmé l’intérêt croissant des femmes pour l’aquaculture (près de 50 % du potentiel du secteur) ;les difficultés techniques rencontrées ;le besoin d’études par zone ; l’importance d’un fonds de capital-risque ; la nécessité d’une stratégie numérique pour attirer les jeunes (e-commerce, digitalisation).Les participants ont également évoqué : la disponibilité des alevins et de l’aliment, l’utilisation des résultats de recherche du CRODT,les opportunités de financement via FONGIP, FONSIS, DER, BOAD et partenaires internationaux.Les experts estiment que la croissance du secteur exige une métamorphose de l’ANA dans son rôle de catalyseur national et une transformation structurelle du système aquacole.L’aquaculture apparait désormais comme un vecteur clé de sécurité alimentaire, à condition d’investir massivement dans l’autonomisation économique et le leadership des femmes. Babacar Sene Journal Agropasteur (source Rapport de ASALFAE)

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