L’Alliance pour la Souveraineté Alimentaire en Afrique (AFSA), en collaboration avec ses partenaires, organise ce jeudi à Dakar un atelier d’information et de renforcement des capacités à l’intention des journalistes. L’objectif visé est de les sensibiliser aux impacts des pesticides chimiques dans l’agriculture et les systèmes alimentaires, tout en les initiant aux principes de l’agroécologie et aux enjeux des politiques agricoles actuelles.
À travers cette session, les participants seront formés à la compréhension de concepts fondamentaux tels que l’agriculture conventionnelle, l’agroécologie, les systèmes alimentaires et les politiques semencières. L’enjeu est de leur permettre de produire des reportages, dossiers et enquêtes éclairés et percutants, afin d’informer l’opinion publique sur les dangers liés à l’utilisation des pesticides chimiques et sur les alternatives durables existantes.
L’utilisation généralisée de pesticides chimiques dans l’agriculture africaine suscite de vives inquiétudes, notamment en termes d’enjeux sanitaires, environnementaux et économiques majeurs Ces substances sont associées à de nombreux effets néfastes : dégradation des sols, perte de biodiversité, pollution des eaux et atteintes à la santé des agriculteurs comme des consommateurs. En outre, cette dépendance aux produits de synthèse menace la souveraineté alimentaire du continent, en rendant les petits exploitants vulnérables face aux multinationales agrochimiques.
L’industrialisation des systèmes alimentaires est également pointée du doigt comme un facteur aggravant de la crise sanitaire, avec une recrudescence de maladies telles que le diabète, l’hypertension, les cancers ou encore l’obésité, responsables de plus de 50 % des décès dans de nombreux pays.
Face à ce constat, l’AFSA défend une vision de l’agriculture centrée sur la durabilité, l’autonomie des producteurs, la protection de la biodiversité et la sécurité sanitaire des aliments. L’agroécologie, en tant que modèle agricole respectueux de l’environnement et des communautés, apparaît ainsi comme une alternative crédible à l’agriculture intensive et chimique.
L’atelier visait également à démystifier les politiques agricoles, semencières et alimentaires en Afrique, souvent perçues comme techniques, afin de donner aux journalistes les outils nécessaires pour en comprendre les implications et en rendre compte de manière critique et accessible au grand public.
L’AFSA rappelle que les médias ont un rôle stratégique dans la sensibilisation des populations, l’éducation des consommateurs, la valorisation des pratiques agroécologiques, mais aussi dans le plaidoyer en faveur de politiques agricoles plus durables. Or, nombre de journalistes ne disposent pas encore de l’expertise requise pour traiter efficacement de ces sujets complexes.
C’est pourquoi l’atelier ambitionne de renforcer les capacités des professionnels de l’information, en les accompagnant dans la production de contenus journalistiques (reportages, enquêtes, émissions, podcasts) traitant de manière approfondie des systèmes alimentaires durables.
À l’issue de la formation, il est attendu que chaque journaliste conçoive un sujet de reportage ou d’enquête qu’il s’engage à produire et à publier dans son média. Une collaboration future avec l’AFSA est également encouragée, afin de faciliter un traitement médiatique régulier et de qualité des thématiques liées à l’agroécologie.
Les participants disposeront ainsi de connaissances solides sur : les principes et pratiques de l’agroécologie ; les impacts socio-économiques et environnementaux des pesticides et politiques semencières ; les enjeux de durabilité des systèmes alimentaires africains ; les stratégies de journalisme d’investigation appliquées à ces sujets.
En conclusion, cet atelier marquera une étape importante dans la mobilisation des médias africains pour une agriculture saine, durable et souveraine, affranchie des dépendances aux intrants chimiques et à l’influence des multinationales.
Babacar Sene Journaliste Journal Agropasteur
