A Bakel et villages environnants , des champs frontaliers du Mali aux marchés locaux, le mil fait son grand retour, apportant avec lui traditions culinaires, innovations agricoles et espoir de sécurité alimentaire.A Bakel les paysans ont l’oeil avisé , la pensée et toute l’attention sur les prochaines récoltes du mil qui vont bientôt démarrer dans les villages frontaliers du MaliDans ces localités le mil reste véritablement une céréale de tradition et d’avenirDans la zone de Bakel, à la frontière entre le Sénégal et le Mali, les champs de mil commencent à livrer leurs premiers épis. Chaque année, la récolte de cette céréale annonce non seulement l’abondance des plats traditionnels comme le moni (bouillie), le couscous ou le fondé, mais aussi l’arrivée sur les marchés d’un produit vital pour l’alimentation et l’économie locale.Chez les Soninkés, appelés aussi Sarakolés, le mil occupe une place particulière dans la culture et le quotidien. « Rien ne remplace un bon bol de moni », sourit une ménagère croisée sur le marché de Bakel. Plus qu’un aliment, il s’agit d’un héritage transmis de génération en génération, au cœur des habitudes culinaires des familles rurales.La saison agricole 2025 voit une forte présence de variétés d’hybrides simple, le sakati ,chakti ou Nafagnon, reconnues pour leurs performances remarquables. Elles présentent plusieurs atouts :Un haut potentiel de rendement, adapté aux zones de culture intensive.Des feuilles toujours vertes à maturité, signe d’une bonne photosynthèse jusqu’à la fin du cycle.Une tolérance avérée au mildiou, maladie souvent redoutée par les producteurs.Pour optimiser les résultats, les techniciens agricoles recommandent un labour moyen de 13 à 25 cm afin d’assurer un enracinement solide. Le semis doit être effectué à raison de 6 kg/ha, à une profondeur de 2 à 3 cm, et idéalement après une pluie d’au moins 20 mm.Comme le sorgho, le mil est réputé pour sa résistance à la sécheresse. Il s’adapte aux zones semi-arides d’Afrique de l’Ouest mais aussi aux régions les plus sèches d’Afrique orientale et australe. Son cycle court à moyen, d’environ 90 jours, permet de récolter rapidement, même si certaines variétés peuvent atteindre un cycle long.un point fort pour la résilience face au climat La fertilisation est un élément clé de la réussite : l’apport combiné de fumure organique et de fumure minérale améliore considérablement la production, en particulier pour la multiplication des semences.Le mil constitue un trésor nutritionnel et culinaire.Au-delà de ses atouts agronomiques, le mil séduit par sa richesse nutritive. Riche en fibres, en protéines et en minéraux essentiels, il contribue à une alimentation équilibrée et joue un rôle dans la lutte contre la malnutrition.Dans les cuisines, sa polyvalence fait merveille en bouillie (moni) pour le petit-déjeuner, en gosi ou galettes, en dégué sucré ou encore en couscous, plat de fête et de partage.Chaque préparation illustre la capacité du mil à nourrir, rassembler et perpétuer les traditions.Alors que les défis climatiques et alimentaires s’intensifient, le mil s’impose comme une culture stratégique pour les pays du Sahel. Une culture à valoriser Sa résilience et sa richesse nutritionnelle en font un atout majeur pour la sécurité alimentaire. À Bakel, la récolte qui va bientôt commencer symbolise cette alliance entre savoir-faire paysan, innovations agronomiques et traditions culinaires.« Le mil, c’est notre force », conclut un producteur de la zone. Et cette force, renouvelée chaque saison, continue d’alimenter aussi bien les marchés que l’identité des communautés frontalières.Babacar sene journal Agropasteur
