Le Bulletin d’information pastorale n°56, publié en février 2026, met en évidence une situation pastorale contrastée au Sénégal, marquée par une baisse des cas de fièvre de la Vallée du Rift, une intensification des feux de brousse, une dégradation progressive des ressources fourragères et des mouvements de bétail globalement limités.Les Conditions météorologiques et stress thermique du bétail ont marqué la situation météorologique ; ainsi sur le plan météorologique, les prévisions de l’Indice de Température et d’Humidité (ITH) indiquent un stress thermique faible à modéré pour les animaux d’élevage dans la zone agrosylvopastorale.Des valeurs faibles (70 à 75) sont attendues dans la majorité des localités, tandis que Louga et l’ouest de Tambacounda pourraient enregistrer des niveaux modérés (75 à 80).Le mois de février 2026 marque par ailleurs le début de la hausse saisonnière des températures, avec des dépassements probables des normales à Tambacounda, Matam et Podor, où les températures pourraient atteindre ou dépasser les 40°C. Face à ces risques de fortes chaleurs, les services techniques recommandent un abreuvement adéquat du cheptel et la limitation des déplacements sur de longues distances.Quid du Bilan fourrager , il présente une situation déficitaire en extension ; ainsi au 31 janvier 2026, le nombre de départements en situation fourragère déficitaire est passé de 19 à 20 sur les 42 départements suivis, avec le basculement du département de Dagana.Dans la vallée du fleuve Sénégal, Dagana rejoint ainsi Saint-Louis et Podor ; le département de Matam, actuellement légèrement excédentaire, pourrait à son tour devenir déficitaire d’ici la fin février.Dans les zones de la Casamance et du Sénégal oriental, Kolda, bien que toujours excédentaire, voit son niveau de surplus reculer, appelant à une surveillance accrue. Ces données, produites par le Centre de Suivi Écologique (CSE), confirment une pression progressive sur les pâturages.Quid des Feux de brousse , des superficies importantes sont touchées. Ainsi la situation des feux de brousse demeure préoccupante. Entre le 1er et le 25 janvier 2026, 85 feux tardifs ont été enregistrés, affectant 11 365,72 hectares. Depuis le début de la campagne, le cumul s’élève à 318 feux pour une superficie brûlée de 80 377,42 hectares. Les régions les plus touchées sont Matam, Tambacounda et Saint-Louis.En parallèle, les efforts de prévention se poursuivent avec 481,24 km de pare-feu ouverts et 277,21 km entretenus. Le traitement en feux précoces a permis de protéger plus de 28 000 hectares de formations forestières à l’échelle nationale.Concernant l’accès à l’eau , un bon taux de fonctionnalité des forages est noté ; l’accès à l’eau reste globalement satisfaisant dans la zone agrosylvopastorale. Sur 1 373 forages recensés, 96,58 % sont fonctionnels. Toutefois, les autorités appellent les populations à signaler rapidement toute panne et à se rapprocher des services compétents pour garantir la continuité de l’abreuvement du bétail.Concernant le chapitre des Mouvements de la sécurité et de la santé animale, les mouvements de bétail sont restés limités en janvier, avec des concentrations notables dans les zones de transit du nord et du centre du pays, notamment à Dagana, Podor, Linguère et Tambacounda. La pression sur les ressources est jugée modérée mais nécessite une surveillance renforcée pour prévenir les conflits d’usage.Les vols de bétail concernent principalement les petits ruminants, avec des cas signalés à Saint-Louis et Louga, soulignant la nécessité de redynamiser les dispositifs de sécurité rurale.Sur le plan zoosanitaire, 1 000 foyers de suspicion de maladies animales ont été rapportés en janvier. Les pathologies dominantes restent la pasteurellose, la clavelée, la fièvre aphteuse et la peste des petits ruminants. Les campagnes de vaccination se poursuivent, avec plusieurs millions d’animaux déjà immunisés contre les principales maladies.Dans les Marchés à bétail , une offre satisfaisante est notée mais les prix restent élevés ; Les marchés à bétail demeurent dynamiques, dominés par les bovins, qui concentrent l’essentiel de la valeur économique. Malgré une offre globalement suffisante, les prix restent élevés, sous l’effet de la raréfaction des résidus de récolte et de l’approche des événements religieux.Face à ces enjeux, le Bulletin recommande notamment de renforcer la vaccination du cheptel, la lutte contre la fièvre de la Vallée du Rift, les moyens de prévention des feux de brousse et les actions contre le vol de bétail.Le Bulletin d’information pastorale est coordonné par le Ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, avec la Direction de l’Élevage (DIREL) comme structure coordinatrice, en collaboration avec de nombreux services techniques et partenaires financiers.
Babacar Sene Journal Agropasteur (Le Bulletin d’information pastorale n°56/ février 2026)
