Les rideaux sont tombés à Belém, au Brésil : la COP30 s’est achevée sans accord majeur, malgré l’urgence climatique largement reconnue. Réunis du monde entier, les 196 pays parties à la Convention climat n’ont pas réussi à trouver un terrain d’entente sur des dossiers clés, notamment la feuille de route pour la sortie du pétrole, du charbon et du gaz.Selon l’expert environnemental burkinabè Emmanuel Diagbouga, cette 30ᵉ Conférence des Nations unies sur les changements climatiques « s’est conclue sans avancée forte, en raison de divergences persistantes entre pays sur des questions structurantes comme la transition énergétique ou l’ambition collective dans le cadre de l’Accord de Paris ».Des engagements climatiques révisés mais insuffisants. La COP30 a néanmoins permis de faire le point sur les nouvelles contributions déterminées au niveau national (NDC 3.0), qui devraient guider l’action climatique mondiale au cours de la prochaine décennie. Les discussions ont souligné la nécessité d’intensifier les efforts pour maintenir le réchauffement global sous les seuils critiques de +1,5°C ou +2°C.Autre enjeu central : le financement climatique. Les négociations ont rappelé l’objectif de mobiliser 1 300 milliards de dollars par an d’ici 2035, particulièrement en faveur des pays du Sud. La question de la confiance entre pays développés et pays en développement est restée au cœur des débats, notamment concernant l’efficacité et la transparence des financements promis.La conférence a mis en lumière quatre urgences incontournables pour les années à venir : la fin de la déforestation, la sortie progressive des énergies fossiles, la protection des peuples autochtones, et la promotion d’une transition énergétique juste et durable.La gestion collective des émissions mondiales de gaz à effet de serre et l’adoption de 100 indicateurs de suivi de l’adaptation ont également figuré parmi les points importants abordés.Un consensus difficile, des attentes fortes pour la suite a été fortement attendu.Comme souvent dans les COP, le principe du consensus entre 194 nations parties a limité la portée des décisions finales. Si la conférence a posé des bases techniques et politiques importantes dans la continuité de la COP28, son succès concret reste modéré en raison de compromis parfois minimalistes.L’enjeu majeur demeure la mise en œuvre réelle des engagements annoncés, qu’il s’agisse de la réduction des émissions, de la protection de la biodiversité ou de la mobilisation de financements innovants. Les pays du Sud, particulièrement exposés aux impacts climatiques et souvent fragilisés par des dettes lourdes, attendent des actions rapides et tangibles.Un renforcement de la dynamique s’impose avant les prochaines COP. En résumé, la COP30 a réaffirmé l’appel pressant à une transition accélérée hors des énergies fossiles, la nécessité d’une diplomatie climatique multilatérale robuste et d’une gouvernance plus efficace des financements climatiques. Mais les résultats restent fragiles et devront être consolidés lors des prochaines conférences pour éviter un écart croissant entre ambitions et réalités climatiques Babaclimat COP30 Belem205 Brésil
