Ce samedi, à l’occasion de la COP30, plus de 50 000 personnes selon les observateurs venues de tous les continents ont défilé dans les rues de Belém pour faire pression sur les négociations climatiques. Organisations de la société civile, mouvements paysans, collectifs féminins, représentants des peuples autochtones et militants écologistes ont participé à la grande Marche pour le climat et le Sommet des peuples, un rassemblement hautement symbolique au cœur de l’Amazonie. La Marche populaire pour le climat où les femmes sont descendues dans la rue dans un appel unifié pour défendre les territoires, protéger l’Amazonie et centrer le leadership des femmes, des filles et des communautés de première ligne dans l’action climatique .L’Amazonie marche pour l’avenir du monde, et les femmes aussi pour une justice climatique .La marche, conduite dans une ambiance déterminée et pacifique, a mis en lumière les préoccupations grandissantes des communautés vivant de la forêt, des agriculteurs familiaux et des femmes rurales, particulièrement affectés par les effets du changement climatique.« Notre survie est menacée » : l’alerte des peuples autochtones et paysans; Dix ans après l’Accord de Paris, les manifestants dénoncent la lenteur des décisions internationales et l’absence d’actions concrètes pour protéger les ressources naturelles.« Nous venons de la forêt et nous vivons grâce à la forêt. Mais notre survie est aujourd’hui en péril », ont alerté plusieurs représentants autochtones, rappelant que la dégradation rapide des écosystèmes met en danger leurs modes de vie ancestraux.Au milieu du cortège, Mélanie, paysanne venue de la République démocratique du Congo (RDC), décrit une mobilisation historique :« Tous les peuples du monde sont ici. Nous souffrons tous des effets du changement climatique. Aujourd’hui, nous ne faisons qu’un bloc, uni pour défendre notre cause. »Elle cite les inondations, les cyclones, la destruction des forêts et le dérèglement des saisons agricoles qui rendent la production alimentaire de plus en plus difficile, menaçant la sécurité et les revenus des ménages ruraux.Une COP « des paysans », selon des manifestants sahéliens; Pour Ousseynou, fermier nigérien, cette COP est un tournant :« Les paysans n’arrivent plus à joindre les deux bouts. J’espère que cette fois notre appel sera entendu. La COP30 est la première à se tenir en Amazonie, et les femmes de la région demandent une véritable transformation systémique. C’est une chance à saisir. »Il rappelle qu’aucun Sommet des peuples n’a été organisé entre la COP27 ,la COP28 et la COP29, rendant ce moment d’expression collective encore plus précieux.« Il faut nous écouter ! », conclut-il.Une mobilisation pour peser sur les négociations et les organisateurs estiment que cette marche vise à envoyer un message fort aux négociateurs de la COP30 : défense de la justice climatique et sociale, protection des droits humains, reconnaissance des savoirs paysans et autochtones, appel à repenser en profondeur le modèle agricole pour protéger les agriculteurs et les écosystèmes.Encadré par les autorités locales, le défilé s’est déroulé dans le calme, permettant aux manifestants de s’exprimer librement. Babaclimat COP30Belem2025 Brésil
