Face à l’aggravation des pertes subies par les producteurs de mangues en Casamance à cause de l’invasion du Bactrocera dorsalis, l’Honorable député Bacary Diedhiou adresse une question écrite au Ministre de l’Agriculture de la Souveraineté Alimentaire et de l’Élevage. Il alerte sur l’ampleur des dégâts et demande des réponses structurelles et urgentes.
La filière mangue en Casamance traverse une crise sans précédent. Une situation catastrophique provoquée par une véritable invasion de la mouche des fruits (Bactrocera dorsalis), communément appelée « mouche de la mangue ».
Face à ce fléau, l’Honorable député Bacary Diedhiou a adressé une question écrite au Ministre de l’Agriculture de la Souveraineté Alimentaire et de l’Élevage (MASAE).
Sa démarche fait suite à un constat alarmant réalisé sur le terrain ; les vergers sont dévastés, les mangues tombent massivement avant maturité et deviennent invendables.
Impuissants, les producteurs assistent à la perte de leur unique source de revenus saisonniers. Une détresse économique qui frappe de plein fouet les familles rurales de la région.
Le député Diedhiou déplore l’absence de réponse structurelle adéquate de la part des services compétents, malgré le caractère récurrent du phénomène. Il alerte également sur le risque de disparition de la filière mangue dans la région, certains producteurs ayant déjà commencé à abattre leurs manguiers pour les remplacer par des anacardiers.
Face à l’urgence, il demande au Gouvernement s’il prévoit des mesures concrètes de soutien aux producteurs casamançais ; une stratégie coordonnée de traitement collectif des vergers ; un renforcement de la recherche agronomique ; un appui financier aux producteurs sinistrés ; et si les institutions comme l’ISRA et la DPV disposent des ressources humaines, logistiques et financières nécessaires pour lutter durablement contre ce fléau.
Interpellé sur la question, Cheikh Ngane, Président du Comité National de Lutte contre la Mouche des Fruits et ancien Président de l’Alliance Régionale de la Mangue en Afrique, salue l’initiative du député tout en élargissant le débat.
Selon lui, limiter cette problématique à la seule Casamance serait réducteur. « Le fléau touche également les zones centrales du pays ainsi que la région des Niayes qui englobe Dakar, Thiès, Louga, et même Diourbel jusqu’à Saint Louis représentant plus de 70 % de la production nationale de mangue », souligne-t-il.
Cette année encore, 24 expéditions de mangues ont été interceptées et détruites, occasionnant des pertes économiques colossales pour les exportateurs et les producteurs, déjà rémunérés pour leurs récoltes.
Cheikh Ngane appelle à une prise de conscience politique plus large et se dit prêt à intervenir devant les parlementaires pour partager son expertise. Il rappelle également qu’un ambitieux programme de développement des chaînes de valeur horticoles et forestières, élaboré par la Coopérative Fédérative des Acteurs de l’Horticulture du Sénégal, a reçu l’aval de la Banque Islamique de Développement (BID), mais reste en attente d’un ancrage institutionnel solide.
Après plusieurs années de démarches restées sans suite auprès des autorités, un accord d’ancrage politique a récemment été trouvé avec le Ministère de la Microfinance et de l’Économie Sociale et Solidaire. Le processus est en cours pour une relance du dossier, avec l’organisation prochaine d’un atelier de validation avant sa soumission officielle à la BID.
La crise de la mangue, qui affecte directement des milliers de familles rurales, appelle des réponses urgentes et structurelles. L’interpellation de l’Honorable Bacary Diedhiou remet sur la table une question stratégique pour la souveraineté alimentaire, les exportations horticoles et l’économie rurale du Sénégal. Une mobilisation nationale est désormais attendue.
Babacar Sene Journal Agropasteur
