À Déaly, dans le département de Linguère, l’éleveur Dady Kâ s’est engagé dans la culture fourragère sur un périmètre de 0,5 hectare de maralfalfa (néma), une initiative qui illustre les nouvelles orientations en matière de sécurisation de l’alimentation du bétail dans la zone sylvopastorale.
La culture fourragère s’impose aujourd’hui comme un levier stratégique pour sécuriser l’alimentation du bétail. À Déaly, dans l’arrondissement de Sagatta Djolof, l’éleveur Dady Kâ en a fait le pilier de son système de production.
Sélectionné dans le cadre du PRAPS2-SN (Projet régional d’appui au pastoralisme au Sahel – phase 2), Dady Kâ bénéficie d’un accompagnement visant à promouvoir la production locale de fourrage et la constitution de réserves alimentaires par la fauche et l’ensilage. Ce programme entend répondre aux défis majeurs du pastoralisme sahélien : sécuriser l’alimentation animale, réduire la pression sur les pâturages naturels et limiter les conflits entre agriculteurs et éleveurs.
Installé à Déaly, dans l’arrondissement de Sagatta Djolof, l’éleveur concrétise ainsi un projet longtemps souhaité. Cette initiative marque, pour lui, une étape importante dans la recherche de solutions durables face aux difficultés récurrentes liées à l’alimentation du bétail et à la transhumance.
Un dispositif moderne pour renforcer l’autonomie pastorale à travers l’appui du PRAPS2-SN,avec l’aménagement entier et la sécurisation du périmètre fourrager doté d’un château d’eau alimenté par des panneaux solaires, d’un système d’irrigation goutte-à-goutte et d’une clôture grillagée.
Ces équipements permettent une production régulière de fourrage de qualité, notamment en période de soudure, lorsque les ressources naturelles se raréfient.
Cette disponibilité fourragère améliore l’état nutritionnel des animaux et contribue à accroître les productions de lait et de viande, tout en atténuant les effets du manque de pâturages.
Au-delà de l’alimentation du cheptel, la culture du maralfalfa représente une opportunité économique pour les zones agroécologiques du Djolof. Elle favorise l’émergence d’activités génératrices de revenus, attire les jeunes et les femmes vers des initiatives locales et participe à la lutte contre le chômage rural.
L’expérience de Dady Kâ fait aujourd’hui école dans le département de Linguère, où elle contribue à la diffusion progressive de la culture fourragère comme complément stratégique aux pâturages naturels.
Il s’agira pour Dady d‘aller vers une démultiplication des périmètres fourragers dans les Unités Pastorales plaide t-il afin de renforcer la résilience du système d’élevage dans la zone sylvopastorale. Il souhaite également un renforcement des équipements hydrauliques et solaires pour consolider les acquis et accroître les capacités de production.
Située dans la région de Louga, cette initiative apparaît comme un modèle d’adaptation aux mutations climatiques et socioéconomiques, démontrant que l’intensification fourragère peut constituer un levier structurant pour un pastoralisme moderne, productif et apaisé.
Son périmètre, aménagé sur un demi-hectare de Maralfalfa, illustre de manière concrète l’importance d’investir dans les cultures fourragères et d’accompagner les entrepreneurs du secteur, dont les initiatives méritent un appui institutionnel accru.
L’éleveur plaide ainsi pour une visite de l’autorité ministérielle à Déaly ,le renforcement des équipements solaires et hydrauliques, ainsi que la démultiplication de périmètres fourragers similaires dans chaque unité pastorale, afin de consolider durablement la résilience de l’élevage pastoral.
Babacar Séne Journal Agropasteur
