À Djerba, en Tunisie, la sixième édition de Désertif’Action 2026 marque un tournant majeur dans la reconnaissance du rôle des femmes africaines dans la lutte contre la désertification, la sécheresse et la perte de biodiversité. À travers un plaidoyer fort, ces femmes entendent faire émerger une réalité trop longtemps ignorée : elles sont en première ligne face aux crises écologiques, mais aussi porteuses de solutions durables.
Les participantes à Désertif’Action 2026 réunies dans la dynamique de la société civile internationale appellent ainsi à un changement de paradigme car leur réintégrer au centre de la prise de décision ne relève pas seulement d’une exigence de justice sociale, mais constitue une condition essentielle d’efficacité des politiques environnementales
Ces femmes venues de diverses régions du continent notamment des zones rurales et arides vont lancer un mouvement inédit « la marche des femmes africaines pour la vie ». Une initiative, qui s’inscrit dans la perspective de la COP17 de la Convention des Nations unies de lutte contre la désertification prévue en Août 2026 en Mongolie et qui ambitionne de porter leurs voix au cœur des négociations internationales.
De la Mongolie aux différentes Conférences des Parties consacrées au climat, à la biodiversité et à la désertification, ces femmes entendent faire converger leurs expériences, leurs savoirs et leurs expertises. Issues de milieux scientifiques, communautaires ou associatifs, elles partagent une conviction profonde : leur rôle est indispensable pour construire des réponses efficaces et durables face aux crises environnementales.
Cette mobilisation mettra en lumière une vérité essentielle : au cœur de l’effondrement du vivant, celles qui en assurent la préservation détiennent également les clés de sa régénération. Pourtant, à mesure que les terres se dégradent et que les ressources s’amenuisent, leur charge quotidienne s’alourdit, révélant une crise plus profonde dans notre relation au vivant.
Elles plaident pour une reconnaissance formelle de leur statut en tant qu’actrices majeures de la résilience , une intégration effective dans les politiques publiques et les mécanismes de gouvernance environnementale , leur participation active aux processus de décision et de négociation des COP des trois Conventions de Rio (climat, biodiversité et désertification) et l’accès aux financements pour soutenir leurs initiatives locales, souvent innovantes et structurantes pour les territoires.
À Djerba, un constat s’impose ; les femmes estiment qu’elles ont été trop longtemps maintenues à la périphérie des processus décisionnels ; et désormais, elles revendiquent une place centrale dans les stratégies de lutte contre la désertification et les sécheresses récurrentes, dont elles sont parmi les premières victimes, mais aussi les premières actrices de résilience.
À la veille de la COP17, ce plaidoyer collectif appelle à une étape décisive : reconnaître pleinement le rôle des femmes dans les synergies entre les trois Conventions de Rio, intégrer leur expertise dans les mécanismes de coordination et de financement, et bâtir une gouvernance environnementale fondée sur l’inclusion, la justice et la responsabilité partagée.
Au-delà d’une simple mobilisation, il s’agit de transformer cette marche en impact durable. Car face à la sécheresse, à la désertification, au changement climatique et à l’érosion de la biodiversité, les femmes africaines ne sont pas seulement des victimes : elles sont des actrices du changement.
Babacar Sene
babaClimat / Journal Agropasteur
(Source : Groupe des femmes africaines à Tunis)
