À l’occasion du sommet international Désertif’Actions 2026, prévu du 25 au 28 mars à Djerba en Tunisie, une session stratégique a mis en lumière ce vendredi 27 Mars à l’amphithéâtre de l’ISET de Djerba , un levier souvent sous-estimé dans la lutte contre la dégradation des terres : le rôle des médias. Intitulée « Stratégies pour porter les recommandations de Désertif’Actions dans les médias : avant, pendant et après la COP17 », cette rencontre est animée par le journaliste consultant sénégalais Babacar Sène et modérée par Nadia, représentante de l’Observatoire du Sahara et du Sahel (OSS) et a permis de donner une visibilité encore insuffisante des enjeux environnementaux. Dans un contexte marqué par la dégradation accélérée des terres, la multiplication des sécheresses et la vulnérabilité croissante des territoires ruraux, notamment en Afrique, la couverture médiatique de ces problématiques reste encore limitée. Les enjeux liés à la désertification peinent à trouver leur place dans l’agenda médiatique, souvent dominé par des sujets jugés plus immédiats. Ce déficit de visibilité s’explique également par un manque de spécialisation de certains professionnels des médias sur ces thématiques complexes. Les conséquences sont notables : une méconnaissance du grand public, une faible mobilisation citoyenne et un impact encore insuffisant sur les politiques publiques. Les médias, acteurs d’influence et de transformation Au-delà de leur rôle informatif, les médias apparaissent comme de véritables acteurs d’influence. Ils participent à la construction de l’opinion publique, orientent les priorités politiques et rendent accessibles des problématiques souvent perçues comme techniques. Leur pouvoir repose notamment sur le choix des angles éditoriaux, la hiérarchisation de l’information et leur capacité à raconter des histoires qui parlent aux citoyens. Dans ce cadre, la session a insisté sur la nécessité de repenser les approches éditoriales pour donner plus de visibilité aux enjeux de désertification. Pour renforcer leur impact, les médias sont invités à adopter des approches plus innovantes et inclusives. Il s’agit notamment de : humaniser les sujets à travers des témoignages de communautés affectées ; mettre en avant les solutions locales telles que l’agroécologie ou la restauration des terres ; relier les enjeux globaux aux réalités quotidiennes des populations ; explorer de nouveaux formats comme les reportages immersifs ou le data journalisme. L’accent est également mis sur l’importance des récits locaux, capables de valoriser les savoirs endogènes et les expériences de résilience portées par les communautés rurales. Renforcer les synergies pour une meilleure information La qualité de l’information dépend aussi des collaborations entre les différents acteurs. Journalistes, chercheurs, ONG, institutions publiques : tous ont un rôle à jouer pour produire des contenus plus fiables, mieux documentés et plus engageants. Ces synergies apparaissent comme indispensables pour renforcer la crédibilité et l’impact des messages diffusés. La COP17, une opportunité médiatique majeure À l’approche de la COP17, les médias sont appelés à jouer un rôle clé à chaque étape : en amont, pour sensibiliser et préparer l’opinion publique ; pendant, pour assurer une couverture en temps réel et décrypter les négociations ; après, pour suivre les engagements et maintenir l’attention sur les enjeux. Cette approche permet de transformer un événement international en véritable levier de mobilisation durable. Faire des médias un pilier de la lutte contre la désertification,c’est dans ce sens que des réseaux de journalistes sont mis en place aussi bien au Sénégal qu’au Togo en Côte d’Ivoire tout en représentant le niveau régional( Rejaques au Sénégal, REJPAH/AO /AOCTAH au Togo et le REJA CEDEAO.,le Réseau des Journaliste Environnement Africains) entre autres. L’on note dans ce cadre une affirmation bien que faible des médias spécialités dans la pluralité médiatique dans les pays.et ce qu’il faut renforcer Au terme des échanges, un message fort se dégage : les médias ne doivent plus être considérés comme de simples relais d’information, mais comme des acteurs centraux dans la lutte contre la désertification et ils doivent être impliqués massivement et renforcer leur participations dans de tels foras mondiaux au même titre que les occidentaux ,asiatiques ,américains entre autres . Le défi consiste désormais à faire de ces enjeux une priorité médiatique, en misant sur des contenus accessibles, des récits ancrés dans le réel et des collaborations renforcées. À Djerba, Désertif’Actions 2026 entend ainsi poser les bases d’une dynamique médiatique durable, capable d’accompagner les transitions nécessaires face aux défis du climat, des terres et de la résilience
