À l’occasion du sommet Désertif’actions 2026, la voix de la société civile africaine s’est fait entendre avec force. Lors d’une table ronde tenue le 27 mars à Djerba, Ellen Otaru Okedion a mis en lumière les défis majeurs auxquels font face les organisations de la société civile (OSC) pour continuer à peser dans les processus décisionnels internationaux.Représentante de l’Afrique au sein du panel des OSC de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification, Mme Okedion a salué les avancées réalisées : « Nous applaudissons l’UNCCD pour cela ! », a-t-elle déclaré, en référence à la place accordée aux OSC dans les mécanismes de la Convention. Un espace jugé essentiel dans un contexte où les terres, au cœur des enjeux, constituent un bien commun.Une participation encore fragileMalgré cette reconnaissance institutionnelle, la représentante africaine a tenu à nuancer : « La participation des organisations de la société civile n’est pas si acquise que ça, il faut toujours se battre pour ce droit ». Une réalité partagée par plusieurs intervenantes du panel, qui ont souligné la fragilité persistante de cette présence dans les espaces de négociation.Le panel des OSC, composé de cinq membres représentant les grandes régions du monde, joue pourtant un rôle clé. Il assure le lien entre les sessions de négociations, relaie les décisions auprès des acteurs de terrain et fait remonter les réalités locales vers les décideurs.Mieux s’organiser pour peser davantageFace à ces défis, Ellen Otaru Okedion a insisté pour les organisations africaines d’adopter une approche plus stratégique. L’une des priorités reste l’accréditation : « Si vous n’êtes pas accrédité, vous n’êtes pas à la table des discussions », a-t-elle rappelé.Au-delà de cet accès formel, elle appelle à un travail préparatoire approfondi en amont des conférences, afin de définir des objectifs clairs, cibler les espaces d’influence et porter des messages cohérents et collectifs. L’enjeu est de transformer la participation en véritable levier d’impact.L’urgence d’une mobilisation du secteur agricoleUn autre point clé soulevé lors des échanges concerne la faible représentation des organisations paysannes et pastorales. Paradoxalement, ces acteurs restent encore sous-représentés dans une convention pourtant centrée sur les terres et les sols.Pour la représentante africaine, il devient impératif de renforcer leur mobilisation et de construire des alliances solides, capables d’influencer les politiques publiques et les décisions internationales.Des avancées à consolider malgré les obstacles où des progrès notables ont été enregistrés, notamment sur des questions comme la sécurisation foncière. Des acquis que la société civile doit désormais consolider en renforçant son organisation et sa capacité d’influence.À travers son intervention, Ellen Otaru Okedion a ainsi lancé un appel clair : pour continuer à peser, la société civile africaine doit s’unir, se structurer et investir davantage les espaces de décision.Babacar sene journal Agropasteur
