Partie d’un petit capital et de quelques céréales locales, cette native de Keur Socé s’impose aujourd’hui comme une entrepreneure innovante. Entre jus locaux, bouye, moringa ou encore madd, Seynabou transforme les richesses du terroir en opportunités et rêve désormais d’installer une unité moderne pour porter le Saloum au sommet de l’agroalimentaire.À Keur Socé, dans le département de Kaolack, un nom revient de plus en plus souvent quand on parle de transformation agroalimentaire : Seynabou M’baye. Derrière son sourire discret se cache une détermination sans faille et une passion débordante pour les produits locaux.« Je n’ai pas commencé avec grand-chose, juste un peu de céréales locales et une petite mise de départ », raconte-t-elle. Mil, maïs, niébé… ce sont ces produits de base qui lui ont ouvert la voie de l’entrepreneuriat. Rapidement, Seynabou rejoint des groupements et associations, multiplie les expériences et teste des recettes, avec une idée en tête : donner de la valeur à ce que la terre du Saloum offre généreusement.Des jus locaux au sel, en passant par les crevettes séchées, les poissons séchés fumés aussi les guedj et la poudre de crevette, rien n’échappe à sa curiosité. « Je voulais comprendre toute la chaîne de valeur : transformer, écouler, commercialiser… », explique-t-elle. Cette soif d’apprendre l’amène ensuite à explorer de nouveaux horizons : le bouye, le moringa, le corossol, le madd, le bissap, la mangue, le dimb, autant de trésors locaux qu’elle s’emploie à transformer avec ingéniosité.Seynabou innove même dans la valorisation du moringa et du Moringa bio , le fameux “nébéday” , du ditakh ou encore du madd et les farines infantiles pour la nutrition des enfants . Ces initiatives, portées dans le cadre du Programme de développement durable des exploitations territoriales, s’inscrivent dans une logique claire : booster l’économie locale et améliorer la vie des communautés à partir des ressources du terroir.« C’est à partir de là que j’ai commencé à adorer les produits locaux et à aimer encore plus la transformation, parce qu’elle apporte une vraie plus-value », confie-t-elle, les yeux brillants.Aujourd’hui, son rêve est limpide : installer une Unité moderne de transformation de produits locaux et de farine infantile dans son Saloum natal. Devenir une championne de l’agroalimentaire et hisser haut le flambeau du “Made in Saloum”.Babacar sene journal Agropasteur
