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Un plaidoyer discret, mais stratégique en faveur du Pastoralisme s’impose désormais. Au-delà de la vitrine agricole et de l’effervescence médiatique du Salon International de l’Agriculture, la présence de la Fédération Nationale des Communes Pastorales de France, conduite par Denise Leiboff, traduit une réalité souvent moins visible  du fait que le pastoralisme n’est plus seulement un héritage culturel, il devient un outil stratégique de réponse aux grandes transitions contemporaines.

Derrière les réunions institutionnelles, les échanges parlementaires et les rencontres professionnelles, c’est en réalité la place de l’élevage extensif dans les politiques publiques qui se redessine du  patrimoine rural à la solution écologique.

Longtemps perçu comme une pratique traditionnelle, parfois marginalisée face à l’agriculture intensive, le pastoralisme apparaît aujourd’hui comme un modèle résilient  en termes  de gestion naturelle des paysages et prévention des incendies d’entretien de la biodiversité par le pâturage extensif  d’adaptation aux territoires difficiles (montagnes, zones sèches, espaces forestiers)  et de faible dépendance aux intrants et meilleure sobriété énergétique.

Les échanges engagés avec les organismes de recherche comme INRAE et le CIRAD confirment cette évolution  basée sur la recherche agronomique qui s’intéresse de plus en plus aux systèmes pastoraux comme laboratoires d’innovation climatique.

Un enjeu d’aménagement du territoire, pas seulement d’élevage véritablement

Les discussions autour des politiques écosystémiques ou des projets de loi sectoriels montrent que la question dépasse largement la production animale.
Le pastoralisme touche désormais aussi bien la revitalisation des zones rurales en déprise mais aussi la souveraineté alimentaire dans des territoires fragiles , la transmission des savoir-faire et l’installation des jeunes  et la coopération internationale, notamment avec les pays du Sud confrontés à des défis similaires.

Les partenariats évoqués avec l’Agence Française de Développement illustrent cette dimension globale , les systèmes pastoraux européens et africains partagent aujourd’hui des problématiques communes d’adaptation climatique.

Il s’agira désormais  de réhabiliter la figure du berger dans les politiques agricoles ; et l’un  des messages forts portés par la FNCP est aussi symbolique  en termes de réaffirmation de  la place des éleveurs et des bergers comme acteurs de la transition écologique, et non comme les vestiges d’une agriculture du passé.

Dans un contexte de mutation agricole, leur rôle évolue de gestionnaires d’écosystèmes à maillons essentiels entre production nature et territoire en passant par garants d’un usage durable  et des sentinelles des changements environnementaux ;

Le Salon 2026, la 62 éme édition constitue un  moment charnière ; cette  édition  agit ainsi comme un révélateur  que le  pastoralisme passe d’une reconnaissance patrimoniale à une légitimation politique et scientifique.

Ce qui se joue aujourd’hui n’est pas seulement la défense d’une profession, mais la capacité des politiques agricoles à intégrer des modèles plus souples, territorialisés et durables à rebours d’une vision uniformisée de la production.
« Le pastoralisme, longtemps perçu comme un héritage, s’impose désormais comme une réponse moderne aux défis climatiques, territoriaux et alimentaires. »

Babacar SENE Journal agropasteur

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