0 4 minutes 5 mois
Spread the love

Les gouvernements africains doivent « de toute urgence redoubler d’efforts » pour atteindre l’égalité des genres dans les systèmes agroalimentaires, une étape cruciale pour améliorer la nutrition, la santé et l’autonomisation économique des femmes. C’est la principale recommandation du rapport « Zéro inégalités : des politiques innovantes pour des systèmes alimentaires inclusifs et sensibles au genre en Afrique », présenté lors du 12ᵉ Forum Malabo Montpellier.Selon les experts, accélérer les progrès en matière d’égalité hommes-femmes dans l’agriculture et l’alimentation pourrait contribuer à inverser la tendance à la hausse de la faim et de la pauvreté observée ces dernières années.Le Panel Malabo Montpellier constate que les mesures adoptées par de nombreux pays africains pour promouvoir l’égalité des genres restent « lentes et fragiles », et qu’elles ont été compromises par des chocs tels que la pandémie de Covid-19 et les conflits. Le rapport plaide pour des systèmes agroalimentaires conçus pour répondre aux besoins des femmes comme des hommes, afin de bâtir des sociétés plus équitables, résilientes et en meilleure santé.Selon l’initiative AFAWA (Action positive pour le financement en faveur des femmes en Afrique), le manque d’accès des femmes au financement pourrait entraîner une baisse de 316 milliards de dollars du PIB africain d’ici 2025. Les obstacles persistants — accès inégal à la terre, au crédit, à l’information et à la prise de décision — freinent la contribution des femmes à la transformation des systèmes alimentaires.Le rapport propose un ensemble de mesures pour renforcer l’autonomisation féminine à toutes les étapes de la chaîne agroalimentaire : recherche et innovation, services de vulgarisation, production, transformation post-récolte, distribution, commerce, nutrition, consommation, et leadership politique.Quatre pays Éthiopie, Ghana, Rwanda et Togo sont mis en avant pour leurs innovations politiques et institutionnelles favorisant l’égalité de genre dans le secteur alimentaire.Dr Ousmane Badiane, président d’AKADEMIYA2063 et co-président du Panel, souligne que « L’Afrique réalise des progrès significatifs dans l’éducation des filles, la représentation politique des femmes et l’entreprenariat féminin. Ce rapport fournit des enseignements précieux issus de pays ayant enregistré les progrès les plus marquants. »Le Panel rappelle que l’écart de sécurité alimentaire entre hommes et femmes a été multiplié par huit depuis 2018. Selon la FAO, combler l’écart de productivité agricole permettrait de réduire l’insécurité alimentaire mondiale de 45 millions de personnes et d’ajouter 1 000 milliards de dollars au PIB mondial.Pourtant, les femmes ne représentent que 25 % des agronomes en Afrique. Au Mali, sur 302 agents de vulgarisation agricole, une seule est une femme.Le Rwanda, un exemple en leadership féminin se distingue par sa forte représentation féminine en politique et dans la gouvernance. Le pays dispose d’un Conseil national des femmes qui supervise l’élection de comités féminins du niveau villageois au niveau national, garantissant ainsi l’implication des femmes rurales dans la prise de décision.Pour le professeur Joachim von Braun, coprésident du Panel, « Adapter les systèmes alimentaires aux besoins des femmes sera la clé pour atteindre des objectifs majeurs du continent, comme l’élimination de la faim, le développement économique et la résilience face au climat.Babacar Sene – Journal Agropasteur(D’après le rapport du Panel Malabo Montpellier)

Laisser un commentaire