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Réunis en Assemblée générale d’information ce Samedi  31 janvier 2026, les membres de l’Association nationale pour l’intensification de la production laitière au Sénégal (ANIPL) ont exprimé leurs vives préoccupations face à certaines décisions de l’Autorité de tutelle, jugées inopportunes et pénalisantes pour le développement de la filière laitière nationale.

Contrairement à certaines formes de protestation observées en Europe, où des éleveurs n’hésitent pas à bloquer des routes ou à déverser leur production pour manifester leur colère, les éleveurs sénégalais, regroupés au sein de l’ANIPL, ont fait le choix du dialogue, de la concertation  et du partage d’informations.

L’objectif  vise à  mettre leurs membres à niveau et rechercher des solutions concertées afin de poursuivre leurs activités, notamment l’importation de génisses gestantes dans le cadre de l’amélioration génétique du cheptel laitier.

Cependant, l’ANIPL déplore le retard accusé par le ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage (MASAE) dans l’octroi de la subvention liée à l’Opération 6, à laquelle de nombreux éleveurs sont déjà inscrits.

 À ce stade, cette opération aurait dû être clôturée afin de permettre l’acheminement des génisses gestantes. Le blocage actuel est attribué aux audits  demandés par la tutelle  pour statuer sur l’octroi ou non des subventions.

Une situation que les membres de l’ANIPL jugent d’autant plus incompréhensible que, dans le même temps, la tutelle a récemment accompagné un Groupement d’hommes d’affaires dans l’importation d’animaux depuis le Brésil, avec une implication directe du ministre lui-même dans ce déplacement. Face à ce qu’ils considèrent comme un traitement différencié, les éleveurs en appellent à l’équité et à l’égalité de traitement à dignité égale.

À ce jour, l’ANIPL affirme avoir transmis à la tutelle les rapports détaillés de ses différentes opérations et réitère sa volonté d’instaurer une coopération durable avec les autorités pour le développement du secteur laitier au Sénégal conformément au « JUB,  JUBAL , JUBANTI».

L’association rappelle avoir toujours répondu favorablement aux sollicitations du ministère, notamment pour les concertations sur les ajustements nécessaires au renforcement des initiatives en cours.

Les échanges de cette Assemblée générale ont également porté sur des problématiques structurelles majeures, telles que le vol de bétail, l’accès à l’aliment de bétail et, plus particulièrement, l’ensilage, considéré comme un levier stratégique pour l’amélioration de la productivité laitière. Ces discussions constituent, selon les responsables de l’ANIPL, une étape clé dans la construction de la souveraineté alimentaire nationale.

Dans le cadre du Programme d’amélioration génétique des races au Sénégal, un dernier  lot d’animaux de haute valeur génétique issu de la plateforme ANIPL 5B a constitué avec zéro mortalité  l’Opération 5 B  comme cela était avec les autres opérations . Le président de l’ANIPL, Mamadou Ba, a tenu à réfuter avec fermeté les rumeurs persistantes sur de prétendus taux élevés de mortalité. « Ces allégations sont fausses et relèvent de manœuvres de dénigrement de concurrents », a-t-il déclaré, mettant en avant des taux de vêlage élevés et la disponibilité de veaux et de génisses dans les fermes membres actuellement.

Pour rappel, le Sénégal importe chaque année pour plus de 150 millions d’euros de lait, soit entre 80 et 90 milliards de FCFA, selon des données du MASAE. C’est pour réduire cette forte dépendance que l’État et l’ANIPL renouvellent régulièrement leur convention de partenariat, inscrite dans la dynamique de la Vision Sénégal 2050, qui vise à renforcer la productivité et la résilience de l’élevage national.

Les membres de l’ ANIPL sont plus qu’ engagée dans une dynamique de professionnalisation avec des activités de renforcement des capacités  et de promotion des cultures fourragères’’.

Malgré les avancées enregistrées, la non-attribution de la subvention à l’ANIPL, alors qu’elle a été accordée à d’autres structures  qui travaillent avec la tutelle,  demeure le principal point d’inquiétude des éleveurs. L’association rappelle que cette subvention permettait de prendre en charge jusqu’à 50 % du coût d’acquisition des génisses gestantes, un soutien déterminant pour l’amélioration qualitative et quantitative de la production nationale de lait. L’ANIPL sollicite ainsi l’arbitrage des plus hautes autorités afin de pouvoir honorer les engagements pris envers les éleveurs.

L’Assemblée générale a par ailleurs été marquée par la signature d’une convention de partenariat avec l’Université Iba Der Thiam de Thiès, illustrant l’importance accordée à la recherche- développement et à l’enseignement supérieur dans la structuration durable de la filière laitière.

En définitive, l’ANIPL estime que l’avenir du lait au Sénégal se construira à travers un accompagnement cohérent, équitable et durable des organisations professionnelles, seules à même de traduire les ambitions de souveraineté alimentaire en résultats concrets sur le terrain.

Babacar Sene Journal Agropasteur

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