Le Sénégal continue d’afficher son engagement en faveur du respect et de la promotion des droits humains à travers sa participation régulière à l’Examen périodique universel (EPU), un mécanisme central du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies. Le journal Agropasteur fait le point sur les progrès réalisés par le pays dans ce cadre.Mis en place en 2008, l’EPU est le seul mécanisme onusien qui évalue, de manière périodique, la situation des droits humains dans l’ensemble des États membres des Nations Unies. Il constitue un outil de responsabilisation nationale, visant à amener les gouvernements à rendre compte du respect de leurs obligations internationales en matière de droits humains.Depuis l’instauration de ce mécanisme, le Sénégal a participé à tous les cycles d’évaluation, témoignant ainsi de sa volonté de coopération avec les instances internationales et de son engagement à améliorer continuellement son cadre juridique et institutionnel en matière de droits humains.Lors des différents examens, les autorités sénégalaises ont soumis leurs rapports nationaux dans les délais requis et accepté un nombre important de recommandations formulées par les États examinateurs. Cette démarche traduit une reconnaissance des défis persistants et une volonté affirmée d’engager des réformes, dans un esprit de dialogue constructif avec la communauté internationale.Parmi les progrès mis en avant par le Sénégal dans le cadre de l’EPU figure le renforcement du cadre juridique et institutionnel. Plusieurs réformes législatives ont été engagées ou consolidées afin de mieux protéger les droits fondamentaux, notamment ceux des femmes et des enfants, de lutter contre la traite des personnes et d’améliorer l’accès à la justice.Le pays s’appuie également sur des institutions nationales dédiées à la promotion et à la protection des droits humains, telles que le Comité sénégalais des droits de l’homme (CSDH), ainsi que sur des structures publiques chargées de la protection sociale et de la prise en charge des groupes vulnérables.Dans les rapports soumis à l’EPU, le Sénégal met en avant les politiques publiques visant à renforcer les droits économiques, sociaux et culturels. Les programmes de lutte contre la pauvreté, l’amélioration de l’accès à l’éducation et à la santé, la couverture maladie universelle et les bourses de sécurité familiale sont régulièrement cités comme des leviers majeurs pour l’amélioration des conditions de vie des populations.Ces initiatives s’inscrivent dans la mise en œuvre progressive des engagements internationaux du pays, notamment ceux découlant des conventions relatives aux droits économiques et sociaux.Une autre évolution notable concerne la participation de plus en plus active des organisations de la société civile dans le processus de l’EPU. ONG, associations de défense des droits humains et médias contribuent à l’élaboration de rapports alternatifs et prennent part aux consultations nationales, renforçant ainsi la transparence, l’inclusivité et la crédibilité du mécanisme.Malgré ces avancées, plusieurs défis demeurent. Les conditions de détention, la surpopulation carcérale, la protection de l’espace civique, la liberté d’expression et la lutte contre certaines formes de discrimination figurent parmi les préoccupations régulièrement soulevées lors des examens du Sénégal. Les autorités reconnaissent par ailleurs la nécessité d’accélérer la mise en œuvre effective de certaines recommandations acceptées.En définitive, l’Examen périodique universel demeure pour le Sénégal un outil stratégique d’évaluation, d’orientation et de responsabilisation nationale en matière de droits humains. Les progrès enregistrés traduisent une dynamique positive, qui appelle toutefois à un suivi rigoureux et à des actions concrètes afin de consolider durablement les acquis et de répondre aux attentes légitimes des populations.Résistons au bâillon : contrer les réactions hostiles aux droits et oindre Le Mouvement en matière d’égalité des sexes et de droit à la santé)Babacar sene Journal Agropasteur
