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A Séville, lors de la quatrième Conférence internationale sur le Financement du Développement (FfD4), les gouvernements du monde entier ont proclamé leur attachement à la paix, à l’égalité des sexes et aux droits humains. Pourtant, dans le même temps, une décision prise parallèlement lors d’une réunion de l’OTAN a semé l’incompréhension et la colère au sein de nombreuses organisations féministes et de la société civile : les États membres de l’Alliance ont convenu d’augmenter leurs budgets de défense jusqu’à 5 % du PIB d’ici 2035.Cette contradiction flagrante a été vivement dénoncée par plusieurs voix féministes présentes à FfD4. Mabel Bianco, de la Fondation FEIM, a déploré que « cet argent destiné à la défense est en fait détourné de programmes cruciaux comme ceux sur l’égalité des sexes ou la santé ». Elle y voit un recul préoccupant dans la hiérarchisation des priorités mondiales.Swetha Sridhar, de Fos Feminista, a critiqué l’hypocrisie des États qui, tout en accroissant leurs dépenses militaires, ont refusé d’aborder la question cruciale de l’annulation de la dette des pays du Sud. « Comment parler de développement durable si la militarisation prime sur la justice économique ? » a-t-elle interrogé.Le Forum féministe, organisé en amont de la conférence, a appelé à une désescalade immédiate des conflits armés et à la fin des guerres, invasions et actes de génocide, notamment à Gaza, au Soudan et en République démocratique du Congo. « Rien de moins n’est acceptable », a affirmé Sai Racherla d’ARROW.Lidy Nacpil, de l’APMDD, a abondé dans le même sens, rappelant qu’aucune justice financière véritable ne sera possible tant que les violences et les conflits perdureront.Sur le volet de la dette, Zainab Shumail de l’APWLD a dénoncé le rôle historique du Nord dans la crise actuelle du Sud. Elle a plaidé pour une transformation féministe de l’architecture financière internationale, qui inclurait réparations et financements non générateurs de dette.De son côté, Shobha Shukla, de SHE & Rights, a insisté sur la nécessité d’orienter la gouvernance financière mondiale vers une économie juste en matière de genre, rompant avec les discours creux au profit d’actions concrètes.En guise d’alerte, Mabel Bianco a exhorté les jeunes, notamment les femmes et les filles, à rester vigilantes et engagées : « Nos acquis ne sont pas éternels. Il faut continuer la lutte. »Enfin, Sai Jyothirmai Racherla a résumé l’esprit combatif et résolu du Forum féministe : « Nous ne nous arrêterons pas tant que nous n’aurons pas atteint une égalité réelle. Il est temps de bâtir un modèle économique décolonial, durable et centré sur les droits humains. »À retenir qu’entre déclarations de paix à FfD4 et hausses budgétaires militaires à l’OTAN, les contradictions des politiques internationales fragilisent les espoirs de justice sociale et économique. La société civile féministe reste mobilisée pour un changement structurel profond du système financier mondial. Babacar sene journal Agropasteur

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