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L’accès des exploitations familiales à des financements adaptés demeure l’un des principaux défis pour la transformation durable du secteur AgroSylvoPastoral et Halieutique (ASPH) en Afrique de l’Ouest.Pour le Réseau des Organisations Paysannes et de Producteurs de l’Afrique de l’Ouest (ROPPA), il s’agit d’un impératif stratégique afin de permettre aux producteurs de répondre à la demande alimentaire croissante de la région.Considéré comme le principal levier du développement économique et social ouest-africain, le secteur ASPH repose largement sur les exploitations familiales, qui constituent la première force productive.De nombreuses études ont démontré qu’une part importante des revenus des ménages ruraux provient directement des activités agricoles.Des besoins croissants face aux mutations économiques et climatiques restent liées pour le ROPPA, à l’amélioration de l’accès des producteurs à des financements adaptés qui est essentielle pour soutenir l’adoption de nouvelles technologies, développer les chaînes de valeur, renforcer les investissements et faciliter l’acquisition de facteurs de production.Au-delà des besoins traditionnels, les exploitations familiales font désormais face à des défis supplémentaires notamment liés aux impacts des changements climatiques, à la crise énergétique, à l’inflation, aux tensions géopolitiques ou encore l’ insécurité croissante dans certaines zones.Ces facteurs fragilisent la résilience de l’agriculture ouest-africaine et accroissent les risques pesant sur les activités rurales.Ces nouvelles contraintes rendent indispensable la mise en place de mécanismes de financement innovants capables de mieux répondre aux réalités complexes et multidimensionnelles des exploitations familiales.Donc pour mieux agir , il s’agira d’analyser les mécanismes existants. Dans ce cadre , la revue d’analyse conduite par le ROPPA met en évidence les limites persistantes des mécanismes actuels : malgré la diversité des interventions publiques et privées et les besoins des producteurs en matière de financement restent largement insatisfaits.Dans ce contexte, le réseau estime nécessaire d’améliorer la prise en compte des réalités des exploitations familiales dans les décisions étatiques et régionales. Il appelle également à renforcer l’efficacité des mécanismes de financement existants en comprenant mieux les raisons profondes de leur faible appropriation par les producteurs.C’est dans cette dynamique que le ROPPA, en collaboration avec plusieurs partenaires, propose d’organiser un atelier régional de validation du Plan d’Action de la DNUAF du Sénégal et de réflexion sur le financement du secteur ASPH en Afrique de l’Ouest.Cet espace multi-acteur vise à analyser les mécanismes de financement publics et privés existants, qu’ils soient nationaux ou régionaux (FRDA, FRAA, etc.) partager des innovations organisationnelles portées par les organisations paysannes et les acteurs des chaînes de valeur ; identifier des outils permettant une meilleure gestion des financements destinés au développement des activités agricoles, sylvicoles, pastorales et halieutiques.Les participants seront appelés à formuler des recommandations pour améliorer les services financiers dédiés au secteur et faciliter l’accès des exploitations familiales aux différents types de mécanismes disponibles.L’objectif global de l’atelier est de contribuer à un meilleur accès au financement pour l’ensemble des acteurs du secteur ASPH, afin de favoriser une transformation structurelle des systèmes alimentaires et d’assurer une sécurité et une souveraineté alimentaires durables.En renforçant les capacités d’investissement et de résilience des producteurs, il s’agit de consolider leur rôle essentiel dans les territoires mais aussi dans la préservation des ressources locales, des patrimoines socio-culturels et dans la mise en œuvre des politiques agricoles et alimentaires de la région.

Babacar Sene Journal Agropasteur (Source ROPPA)

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