La Foire locale des produits agricoles de Foundiougne, délocalisée cette année à Passy, s’impose comme un espace majeur de valorisation du savoir-faire des femmes rurales et de promotion de l’agroécologie durable. Un rendez-vous stratégique salué par Mme Aïssatou Guéye, chargée du programme Résilience à ActionAid.
Revenant sur la délocalisation de la foire, Mme Guéye a souligné l’importance de l’appropriation de l’événement par les acteurs et partenaires locaux d’ActionAid. Selon elle, cette initiative contribue à renforcer la visibilité des politiques agricoles éprouvées sur le terrain à travers ces rencontres agricoles, tout en mettant en lumière le rôle central des femmes dans la sécurité alimentaire et nutritionnelle des communautés.
« La foire est un cadre de vulgarisation du travail des femmes et de reconnaissance de leur contribution essentielle à l’alimentation des ménages », a-t-elle déclaré.
La Foire constitue un levier pour l’agroécologie et le plaidoyer féminin au-delà de l’exposition et de la commercialisation des produits ; elle constitue en outre un espace de promotion de la transition vers une agroécologie durable. Elle sert aussi de tribune au plaidoyer porté par les femmes en faveur d’un financement accru de l’agroécologie.
Mme Guéye a salué les efforts déjà consentis par l’État, notamment l’allocation de 10 % dédiée à ce secteur, tout en se félicitant des perspectives annoncées d’une augmentation pouvant atteindre 30 % d’ici 2028.
« L’objectif 2028 est porteur d’espoir pour renforcer durablement l’agroécologie au Sénégal », a-t-elle affirmé.
Pour ActionAid, l’agroécologie représente bien plus qu’un modèle de production. Elle constitue un véritable levier d’autonomisation économique des agricultrices, à travers la consommation, la transformation et la distribution des produits agricoles. Cette chaîne de valeur contribue directement à l’amélioration des conditions de vie des femmes et à la satisfaction des besoins des ménages ruraux.
Face aux impacts du changement climatique, Mme Guéye estime que l’agroécologie s’impose aujourd’hui comme une alternative crédible, nécessitant l’implication de l’ensemble des communautés dans une dynamique de transformation durable.
Dans le cadre du programme Résilience, ActionAid met en œuvre plusieurs actions : renforcement des capacités, partage d’expériences, promotion de pratiques durables et amélioration de l’accès aux semences. Cela passe notamment par la mise en place de banques de semences, la diversification des activités, le développement de l’épargne communautaire à travers les caisses AVEC, ainsi que la création d’unités de transformation pour faciliter l’écoulement des produits des femmes.
« Ces actions garantissent à coup sûr la résilience économique des femmes », a insisté Mme Guéye.
Sur le volet plaidoyer et campagne, elle a souligné l’importance d’une meilleure organisation des producteurs, de la création de coopératives et de l’accompagnement des organisations mobilisées afin d’atteindre les objectifs de résilience fixés.
Mme Guéye s’est également réjouie de la présence des plus hautes autorités et des collectivités territoriales, estimant que leurs messages sur le financement de l’agroécologie sont réconfortants. Selon elle, la délocalisation de la foire à Passy présente un double avantage : la commune fait partie de la zone d’intervention d’ActionAid et le rôle central dans la solidarité communautaire à travers l’organisation des 72 heures des Journées culturelles de Passy.
Elle a salué l’engagement du maire de la commune, qui a facilité la mise en œuvre de l’événement en mettant à disposition l’espace dédié à la foire pendant quatre jours, tout en présidant la cérémonie d’ouverture et en participant aux panels sur le thème du financement de l’agroécologie pour un système alimentaire durable.
La satisfaction de Mme Aïssatou Guéye est totale. Elle se félicite de la forte mobilisation, de la visibilité offerte à la foire, de la qualité de l’aménagement des stands, de l’animation et de la participation active des populations.
Toutefois, se faisant l’avocate des participants qui plaident pour une augmentation de la durée de la foire et une organisation encore plus renforcée, afin de favoriser un meilleur écoulement des produits, de plus en plus prisés par les consommateurs.
« C’est un bilan à mi-parcours encourageant, qui appelle à davantage de sensibilisation pour renforcer l’affluence et optimiser les ventes », a-t-elle conclu.
Babacar Sene Journal Agropasteur
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