Nos produits du terroir nous échappent. Derrière des visages africains se cachent des intérêts occidentaux. Si nous ne réagissons pas, fonio, bissap, moringa, Madd, ditakh et tant d’autres richesses risquent de devenir la propriété d’autrui.Aujourd’hui, des « traders » africains, tapis dans l’ombre, exploitent nos produits locaux pour les livrer aux marchés occidentaux. Ils se présentent comme des frères, des compatriotes, mais leurs véritables maîtres se trouvent ailleurs. L’histoire se répète : hier, nos grands-parents étaient vendus et livrés aux colons ; aujourd’hui, ce sont nos produits, nos ressources et notre souveraineté qui sont bradés.Cette stratégie n’est pas anodine. Nos produits partent à bas prix et nous reviennent sous emballage étranger, vendus dix fois plus cher. Le fonio, le sésame, le niebé, le bissap, le moringa le sump, le jujubier , le Madd ou encore le ditakh, emblèmes de notre patrimoine alimentaire, sont déjà dans leur ligne de mire. Demain, ils seront labellisés, brevetés et affranchis à leur nom, et nous deviendrons étrangers à nos propres richesses.Il ne s’agit plus seulement d’agriculture : c’est notre identité, nos savoir-faire et nos écosystèmes qui sont menacés. Les indications géographiques, censées protéger nos produits, risquent de se transformer en outils de contrôle. Quand viendra le jour où cueillir un Madd ou une mangue sera soumis à une autorisation extérieure, il sera trop tard.Le plus inquiétant, c’est que cette colonisation économique ne vient pas uniquement de l’extérieur. Elle est orchestrée avec la complicité de nos propres frères, « Africains » de nom mais colons d’esprit, qui travaillent pour d’autres à notre détriment.Nos autorités doivent agir maintenant. Surveiller la coopération scientifique, réviser les accords de gouvernance économique, protéger nos ressources naturelles, encadrer la commercialisation de nos produits du terroir. Car une fois perdus, ils ne reviendront plus.L’alerte est donnée. Il s’agit d’une bataille pour notre dignité et notre souveraineté alimentaire et économique. Défendons nos produits, défendons notre avenir et faire de nos ressources territoriales la centralité de nos économies locales pour faire de nos territoires des entités économiquement viables .De telles questions devraient être abordées lors du Forum Afrique sur les systèmes alimentaires Babacar sene journal Agropasteur .
