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La région de Kaffrine a accueilli cette année la célébration nationale de la Journée Internationale des Coopératives, placée sous le thème : « Les coopératives : promouvoir des solutions inclusives et durables pour un monde meilleur ».

Cette journée d’envergure, présidée par le Secrétaire d’État aux Coopératives et à l’Encadrement Paysan, Dr Alpha Ba, a été l’occasion de réaffirmer le rôle stratégique des coopératives dans l’atteinte de la souveraineté alimentaire, l’inclusion sociale et le développement économique durable. En droite ligne de la vision Sénégal 2050, les coopératives apparaissent comme des leviers puissants pour la transformation structurelle de l’agriculture nationale.
Un appel à l’action collective adossé au théme de cette édition qui interpelle fortement les paysans, les femmes et les jeunes sur la nécessité de mieux s’organiser en coopératives afin de renforcer leur pouvoir économique et leur résilience.
À cet effet, un panel d’ouverture a réuni divers acteurs autour des enjeux liés à la structuration, au financement et à la gouvernance des coopératives rurales.
Les intervenants ; le Représentant de la SOCODEVI sur les coopératives en général ,la présentation des Coopératives Agricoles Communautaires (CAC) par le Directeur du Financement et du Partenariat PO( M.Seck) et sur les témoignages de coopératives- Kayi (Aly Diaw) Kaffrine et COPADIL des Niayes ,la Cellule Genre(Sokhna Maî Diop) sur Femme-Jeunes et Coopératives .
Les discussions ont porté notamment sur le rôle des parties prenantes, à l’instar du FONSTAB, et sur l’importance de ces organisations dans l’aménagement et le développement des territoires.
Ces coopératives serviront de moteurs incontournables pour l’amélioration de la production locale, le soutien aux petits producteurs et une gestion optimisée des ressources agricoles
Des expériences inspirantes sur le terrain vécue à travers les témoignages marquants, celui de M. Aly Diaw, président de la Coopérative basée à Kayi, a mis en avant l’impact positif de leur société coopérative, couplée à des GIE de femmes regroupant plus de 250 membres. Encadrée par des partenaires de la coopération, cette organisation constitue un modèle réussi de collaboration entre coopératives et l’État.
Selon M. Diaw, la formalisation des coopératives est essentielle : elle permet non seulement d’accéder aux financements, de tenir une comptabilité rigoureuse, mais aussi de recruter du personnel qualifié.
La cooperative de Kayi qui regroupe 52 coopératives réparties dans 9 régions, en est un exemple concret.
Autre témoignage, celui de la COPADIL dans le département de Tivaouane. Créée en 2021 à la suite de difficultés rencontrées pour commercialiser les productions agricoles dans les Niayes, cette coopérative regroupe aujourd’hui 19 organisations de producteurs et 91 membres individuels. Elle opère dans l’agriculture, l’élevage et le développement inclusif dans les communes de Darou Khoudoss, Mékhé, Méouane et Taïba Ndiaye, avec une gouvernance participative, équitable et transparente. Les champs des paysans membres y sont même géoréférencés, preuve d’une organisation moderne.
Enfin, Abou Idrissa Sow de la Coopérative de Dagana, a partagé l’expérience d’une coopérative laitière regroupant plus de 35 000 membres, tous salariés grâce à leur activité. Avec 11 pôles laitiers et 24 magasins de distribution, cette organisation collabore étroitement avec la Laiterie du Berger, son principal partenaire. M. Sow a toutefois plaidé pour un renforcement du fonds de roulement afin de mieux répondre à la demande du marché.
Les échanges qui ont suivi les présentations ont mis en lumière les préoccupations majeures des acteurs ;les défis soulevés par les acteurs concernent le financement, accès au foncier, implication des femmes, formalisation des structures, création de fermes, ou encore articulation entre les coopératives d’agriculture contractuelle (CAC) et les projets de l’État.
Face à ces enjeux, le Directeur du Partenariat et des Organisations (DPO) a rassuré sur la démarche du Ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté Alimentaire et de l’Élevage (MASAE). Il a insisté sur l’importance de travailler d’abord sur l’ingénierie sociale et la gouvernance humaine des CAC avant leur structuration technique. À terme, l’objectif est de permettre aux paysans de créer et formaliser leurs coopératives afin qu’elles soient connectées aux agropôles, conformément à la vision étatique.
Selon M. Seck, ce sont 525 CAC qui seront mises en place dans une première phase; c’est un plus aujourd’hui après la struturation . Mais avant de débloquer des financements, il faudra s’assurer que les coopératives respectent des standards de gouvernance et de gestion financière, conformément au principe des « 3J » : Jub,Jubal,Jubanti ».
Ainsi l »engagement de l’État est réaffirmé.
Au cours de cette journée, le FONSTAB a présenté ses outils de financement et les opportunités offertes aux coopératives.
La forte mobilisation autour du panel a été la preuve de l’intérêt porté par les acteurs à la thématique.
L’objectif global demeure clair : faire des coopératives un instrument central pour renforcer l’inclusion économique, structurer les filières agricoles, valoriser l’entrepreneuriat collectif, et atteindre les objectifs de souveraineté alimentaire.
Cette Journée Internationale des Coopératives a ainsi permis d’écouter, de partager et d’enrichir la réflexion nationale sur le rôle clé des coopératives dans la construction d’un monde meilleur, plus équitable et plus durable.
Babacar Sene journal Agropasteur

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