La Journée nationale du Fonio, célébrée chaque 15 novembre au Sénégal, a été organisée cette année dans la région de Kédougou. Une fierté pour ce territoire considéré comme l’un des berceaux de cette céréale ancestrale, et où les populations ont vibré au rythme de la « conquête du fonio ».Initiée pour valoriser cette céréale et la placer « sous les feux de l’actualité », la Journée nationale du Fonio vise à sensibiliser l’opinion sur ses vertus nutritionnelles, agronomiques et économiques, mais aussi à encourager son intégration dans les politiques agricoles. Comme le rappelait Sanoussi Diakité, ancien président de l’Association pour la promotion du fonio et inventeur de la décortiqueuse de fonio, « le Jour du Fonio est une initiative destinée à promouvoir une céréale stratégique pour notre souveraineté alimentaire ».Cette année encore , l’organisation de la Journée nationale du Fonio a été portée par Mme Aissatou Aya Ndiaye, productrice, transformatrice et figure emblématique de la filière ,cheville ouvrière de l’événement.Ainsi avec l’appui de ses partenaires, de l’État et des projets et programmes actifs dans la région, elle a hissé l’événement à un niveau remarquable.La cérémonie officielle a été présidée par le gouverneur de la région de Kédougou, en présence de Mme Aya Ndiaye, de représentants d’organisations paysannes, de partenaires techniques, ainsi que du ministre Moustapha Mamba Guirassy, parrain de la journée.La manifestation a été rythmée par non seulement par des expositions de machines et d’équipements dédiés à la production et à la transformation du fonio mais aussi par la présentation de produits transformés par les acteurs locaux , des prestations culturelles de la communauté dialonké et des séances de dégustation de mets culinaires à base de fonio.Du couscous au yassa de fonio, en passant par le diouka, le pain, les cakes, le thiacry ou encore les jus, les visiteurs ont pu apprécier la diversité gastronomique qu’offre cette céréale. L’événement a consacré Kédougou comme terre de fonio et moteur du renouveau de la filière, un véritable hub du fonio en Afrique de l’Ouest.Réputée zone de forte production, la région se maintient depuis quelques années dans une dynamique d’ accélération du développement de la filière, portée par l’engagement des acteurs notamment les femmes sous le leadership de Mme Aissatou Aya Ndiaye, surnommée « la Reine du Fonio ».Son ambition est de faire de la filière un levier majeur du développement territorial.Son action a permis d’augmenter les volumes produits et d’inscrire le fonio dans les priorités du programme agricole . C’est dans cette dynamique qu’elle appelle aujourd’hui l’État à accompagner les acteurs pour leur structuration en coopératives, soutenir la relance des productions et l’amélioration des rendements faciliter l’accès aux subventions, aux matériels et aux équipements, renforcer la transformation et la commercialisation pour contribuer pleinement à la souveraineté alimentaire..Dans son plaidoyer, Mme Ndiaye rappelle symboliquement la force du fonio à travers les lettres de son nom :F comme la force qu’il donne aux lutteurs ;O comme le groupe sanguin donneur universel ;N comme une nourriture bio ;I comme l’icône qu’il représente pour son terroir ;O comme l’offrande aux ancêtres.Une manière poétique d’exalter cette « coquette céréale », celle de tous les « K ».Le Fonio s’ouvre ainsi Vers de nouveaux métiers et une filière modernisée qui aux portes de la région, ils appellent une amélioration continue de la productivité, de la préparation du sol à la transformation.La Journée nationale du Fonio a ainsi servi de plateforme pour promouvoir la céréale, sensibiliser les populations à sa consommation, encourager la création de chaînes de valeur porteuses d’emplois. Et si la production de semences et la mécanisation suivent de l’avis de l’expert Bachir Ndiaye , la chaine de valeur fonio va décoller et faire face aux tendances favorables du marché mondial. L’engagement de l’Etat doir s’affranchir inéluctablement en soutenant la recherche pour un positionnement du fonio dans la politique de Souveraineté Alimentaire conformément à la « vision Sénégal 2050 ». Le principal défi reste celui de l’attractivité de la terre qui constitue le véritable challenge, selon les organisateurs, car il reste de rendre attractif le travail de la terre, d’inciter la jeunesse à « aimer la terre » et de mettre en lumière ces acteurs qui, par choix et par passion, construisent la résilience agricole du Sénégal.Avec une vision dynamique, il s’agit d’ériger ces pionniers en « vaisseaux-amiraux » de la transformation rurale.
Babacar Sene./Journal Agropasteur
