Figures de proue de la santé et des droits venus d’Asie, d’Afrique et d’Europe se sont donné rendez-vous lors d’une session “SHE & Droits” pour alerter sur le lien entre résistance aux antimicrobiens et maladies non transmissibles. À quelques semaines de la 80ᵉ Assemblée générale de l’ONU, les experts appellent à des mesures fortes afin d’éviter une double crise sanitaire mondiale.
Experts, patients et organisations internationales appellent à une réponse coordonnée face à la double menace des résistances antimicrobiennes (AMR) et des maladies non transmissibles (MNT). Leurs témoignages mettent en avant la nécessité de politiques intégrées, de systèmes de santé plus résilients et de la prise en compte des voix des patients.
Lors d’un dialogue mondial organisé par la Global AMR Media Alliance (GAMA) et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), chercheurs, anciens ministres de la santé, associations de patients et survivants de maladies liées aux AMR ont livré des messages forts.
Pour le Dr Yvan Hutin (OMS), il est urgent de « briser les silos et construire des systèmes de santé centrés sur les personnes, capables de répondre à la fois aux AMR et aux MNT ». Cela implique, selon lui, d’investir dans le diagnostic, la prévention et la surveillance, tout en mobilisant les communautés.
Les témoignages de patients, comme celui d’Ella Balasa, atteinte de mucoviscidose, soulignent le poids humain de ces défis : « Nos histoires humanisent les statistiques et révèlent les lacunes des soins. Nous devons inclure les voix des patients dans l’élaboration des politiques ».
L’ancien ministre de la Santé du Nigeria, Pr Onyebuchi Chukwuoo, plaide pour une approche en trois volets : des politiques intégrées, une gouvernance coordonnée et des investissements accrus dans la résilience des systèmes de santé.
D’autres intervenants, tels que Téa Collins (OMS), John Kirkness (Société norvégienne du cancer) ou encore Lauren Protoris (Campaigning for Cancer), ont rappelé les liens étroits entre AMR et cancer : les patients immunodéprimés sont particulièrement vulnérables aux infections résistantes.
Enfin, les survivants d’AMR comme Felix Liau et Brandon Jaka ont insisté sur la dimension politique de leur vécu : « Nos histoires mettent un visage humain sur l’AMR. Pour bâtir des systèmes solides, il faut d’abord écouter ceux qui ont vécu leurs failles ».
Tous s’accordent sur une urgence : inscrire clairement l’intersection AMR-MNT dans les prochaines déclarations politiques internationales, afin de garantir une approche plus équitable, inclusive et efficace.
Babacar Sene Journal Agropasteur
