Le Ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté Alimentaire et de l’Élevage (MASAE), Dr Mabouba Diagne, a lancé un appel pressant à la concertation avec les acteurs des différentes filières agricoles, notamment celle du riz, de l’oignon de la Pomme de Terre de la Carotte confrontée à de sérieuses difficultés de commercialisation.
Depuis plusieurs mois, les producteurs d’oignons, de pommes de terre et de carottes dénoncent des pertes financières importantes liées à la surproduction, au manque d’infrastructures de stockage et à la saturation du marché. La chute des prix et la concurrence des grandes firmes agroalimentaires fragilisent davantage ces filières stratégiques pour la sécurité alimentaire nationale.
Du côté du riz, la mévente reste au cœur des préoccupations. Les producteurs, réunis au sein de l’Association nationale des riziers du Sénégal, pointent du doigt le manque d’accès au crédit, l’insuffisance des infrastructures de stockage, la concurrence du riz importé et des difficultés persistantes dans la transformation du paddy. Malgré les bons rendements enregistrés dans la Vallée du fleuve Sénégal, la commercialisation demeure un défi.
« Nous attendons des solutions concrètes pour que producteurs, importateurs et État puissent trouver un terrain d’entente », a fait savoir un représentant des riziers. Ces derniers appellent notamment à l’implication du ministère du Commerce pour réguler le marché et favoriser la valorisation du riz local.
Face à ces interpellations, le ministre Mabouba Diagne insiste sur la nécessité de bâtir une agriculture compétitive, inclusive et durable. Il mise sur un contrat-programme pour mettre fin à des décennies de tâtonnements, en s’appuyant sur une meilleure mécanisation, la maîtrise de l’irrigation et la modernisation des équipements.
Selon le ministre, la mise en valeur de 200.000 hectares de riz, évaluée à environ 1.400 milliards de FCFA, s’ajoute aux investissements nécessaires pour la mécanisation estimée à 1.200 milliards. Des chiffres qui, selon lui, ne sont pas loin des 1.070 milliards dépensés chaque année pour importer du riz. « Il faut penser autrement l’agriculture », a-t-il déclaré, en référence à la dynamique de rupture prônée par le Premier ministre lors d’un Conseil interministériel.
Un comité de pilotage a été mis en place pour suivre les assises agricoles et coordonner les actions entre producteurs, transformateurs, investisseurs privés, collectivités et partenaires techniques. Le ministre appelle les différents acteurs à dépasser les déclarations de principe et à travailler dans l’unité : « Les Sénégalais attendent des résultats. L’heure n’est plus à l’adversité mais à la recherche de solutions utiles. »
Le ministre a salué l’apport du CIRIZ le Comité Interprofessionnel de la filières Riz, grand artisan du programme avec des résultats probants doublés d’efforts des producteurs.
En dépit des tensions, le MASAE souligne les progrès réalisés au cours des 18 derniers mois avec des records de production enregistrés dans plusieurs filières (oignons, pommes de terre, carottes, riz, bananes). L’État entend poursuivre l’accompagnement, tout en insistant sur la mobilisation collective et l’inclusion des jeunes et des femmes dans les programmes de mécanisation, d’aménagement et de semences climato-intelligentes/
Babacar sene Journal Agropasteur
